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« L’architecture n’est pas un slogan publicitaire », affirme Raphaël Gabrion, qui croit en la qualité des choses ordinaires, celles du quotidien. Déterminé à garder la main malgré un métier de plus en plus malmené, il défend une architecture honnête et pérenne. Aussi exigeants que lui, ses bâtiments cherchent modestement à offrir « un arrière-plan pour la vie qui passe » sans pour autant s’effacer.

Il y a un an, il s’est installé cité Durmar dans le 11e arrondissement, une impasse pavée abritant une cité artisanale. Une ruelle de 120 mètres de longueur, sur laquelle lorgnent les promoteurs sans jamais parvenir à leurs fins. La Ville de Paris l’a sanctuarisée comme espace libre protégé au PLU afin de calmer les ardeurs immobilières et les menaces d’expulsion des habitants. Au numéro 5, Raphaël Gabrion profite ainsi d’un cadre privilégié et inspirant pour concevoir ses projets. Dans son agence, des dizaines de maquettes et de carnets de dessin noircis, ses outils de prédilection.

Né en 1976, il est diplômé de l’ENSA Normandie en 2001 avec un travail sur l’analyse de la simultanéité dans l’œuvre de Le Corbusier : « C’était certes éloigné des problématiques contemporaines, mais j’avais besoin de me fabriquer des outils de sédimentation des idées. » Parce qu’il a grandi au bord du lac d’Enghien-les-Bains, ce passionné de voile qui dessine des coques de bateau depuis sa tendre enfance se voyait architecte naval. Mais le déménagement familial au Havre lorsqu’il est adolescent et le choc Perret qui s’ensuivit, notamment la découverte de l’église Saint-Joseph, ont eu raison de cette vocation première. (...)  (...)

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