Gilles Perraudin appartient aux
quelques francs-tireurs de l'architecture. Attentif aux techniques
constructives quand triomphe l'esthétique de l'habillage, héraut
de la pierre massive dans un siècle de lobbyistes du béton et
adepte d'une écologie pragmatique à l'heure où le
« développement durable » se fourvoie dans la religion
de la réglementation thermique. Cet ouvrage porte un regard
rétrospectif sur une œuvre qui avait commencé en 1980, en duo avec
Françoise-Hélène Jourda. Mise en pages sans affèterie, nombreux
dessins au trait et photographies en noir et blanc : tout semble
édité pour que l'attention se concentre avant tout sur l'analyse
des projets. Un essai de Yann Nussaume et un dialogue avec Valéry
Didelon (tous deux auteurs chez d'a) éclairent une pratique
que l'on sent fondée sur une éthique rigoureuse du métier.
Gilles Perraudin, de Yann Nussaume et Valéry Didelon. Presses du Réel, 20 x 30 cm, 148 p., 28 €.