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Même si la démonstration n'est pas toujours convaincante, l'idée de faire une sorte d'histoire de l'urbanisme à partir du modèle de l'aéroport est passionnante. Nul autre programme n'anticipe mieux l'idée du globalisme devenu aujourd'hui lieu commun de toute réflexion urbaine. Polytechnicienne, architecte et docteur en urbanisme, Nathalie Roseau retrace ce jeu de miroirs entre la ville et le monde aéronautique. L'auteur, qui a travaillé six années chez ADP, construit son hypothèse autour de deux villes pour lesquelles l'aéroport a été un extraordinaire lieu de fantasmes et de réalisations exemplaires : Paris et New York. Dès les premiers vols des frères Wright, l'imagination des architectes s'est enflammée, engouement dont témoigne la très riche iconographie du livre, avec notamment les nombreux et magnifiques dessins de Hugh Ferris. Il est d'ailleurs amusant de constater à quel point ceux qui dessinent l'avenir se trompent toujours. La bombe sur Hiroshima aura définitivement raison du rêve de paix universelle que véhicule d'abord l'aéroplane. Dans les années soixante, l'aérogare d'Orly, avec sa jetée que l'on visite en famille, incarne encore la ville de demain telle qu'on la rêve. Si dès 1938, l'aménagement du futur Idlewild Airport de New York sur la réserve naturelle de Jamaïca Bay génère déjà une polémique, il faudra attendre l'avènement des problématiques environnementales pour que s'inverse cette image. La controverse actuelle autour du futur aéroport du Grand Ouest près de Nantes montre que, depuis les violents affrontements de l'aéroport de Narita en 1971, la question demeure brûlante.


Aerocity. Quand l'avion fait la ville, Nathalie Roseau. Éditions Parenthèses, 18 x 26 cm, 304 p., 32 €.