Copyright : ©Lionel Rault
Attention, ce livre et son auteur sont des ovnis ! D’abord à cause de l’objet du premier, les blobs – en architecture comme dans les films d’horreur des années 1950 et suivantes – mais aussi à cause de la personnalité du second – maître de conférences en littérature à l’université Paris-Nanterre, devenu accro à l’architecture. Sujet oblige, il s’agit d’un petit monstre éditorial : un volume maniable et compact over-illustré d’images dégoulinantes de couleurs crues mêlant affiches de films et captures d’écran, espaces intérieurs invaginés et édifices turgescents, espaces urbains chinois improbables et mobilier aux formes molles. Le tout inondé d’un texte aussi érudit que passionnant (même pour des personnes pas passionnées par la sous-culture américaine ou l’architecture paramétrique), rédigé dans un style aussi relevé que primesautier. On sent que l’auteur (qui anime un blog « contre-utopique » sur le site de Mediapart) est animé de la passion de l’autodidacte – même s’il n’en est pas à son coup d’essai en matière d’architecture, notamment avec le stimulant Vers une architecture cathartique (1945-2001), publié en 2011, et la résidence critique qu’il a occupée en 2016-2017 à la Cité de l’architecture. On sent aussi qu’il s’amuse. Ce faisant, il nous amuse aussi.

Blobs. Rêves et Cauchemars de l’architecture contemporaine, Emmanuel Rubio, Éditions Sens & Tonka, 15 x 20 cm, 400 p., nombreuses illustrations, 32,50 euros.