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« Comme tu n’écris rien, montre-moi ce que tu dessines et je te dirai comment tu penses. » Cet aphorisme auquel s’essaie Olivier Meystre dans ce très élégant ouvrage résume parfaitement ce dont il est question ici. Depuis la fin des années 1980, les architectes japonais semblent avoir abandonné toutes velléités d’écrire ou de théoriser sur l’architecture, si ce n’est avec des discours dont la naïveté n’émerveille que le philistin comme on a pu le constater cet été en écoutant Ishigami à la Fondation Cartier. Parallèlement, alors que les moyens de représentation numérique autorisaient une débauche d’obscénité promotionnelle, les architectes nippons développaient en réaction un art subtil du dessin où l’épure et la simplicité tentaient de renouer avec une certaine poésie du rendu. Si ces images ne séduisent pas forcément les clients, elles « renseignent sur la manière dont les architectes conçoivent leur projet, […] donnent des clefs de lecture, explicitent des processus », écrit l’auteur, professeur à l’EPFL qui a travaillé, ce n’est pas un hasard, au Japon à l’Atelier Bow-Wow. Alors que ce type de rendu est aujourd’hui en passe de devenir en Europe un nouveau cliché du rendu de concours, ce livre apporte un éclairage particulièrement opportun.


Image des microcosmes flottants - Nouvelles figurations architecturales japonaises, Olivier Meystre,Park books, 20 x 27 cm, 240 p., 38 euros.