Si l’exposition consacrée à la nuit parisienne est une des plus passionnantes de l’année, elle nous laissait sur notre faim par la difficulté de sa scénographie à rendre tangible et lisible le formidable et encyclopédique travail effectué par son commissaire Marc Armengaud. Comme souvent au Pavillon de l’Arsenal, les catalogues sont plus riches que les expositions. Celui-ci devrait rester pour longtemps une référence en la matière. Les trois quarts du catalogue sont occupés par une histoire chronologique de la nuit parisienne depuis la Révolution. L’idée étant évidemment de mettre en valeur les questions actuelles du développement territorial au regard de son organisation, de ses usages et de son déploiement spatial. Au delà de la profondeur de l’analyse et de l’apport d’une riche et étonnante iconographie, l’ambition de cette étude repose aussi sur un impressionnant travail de cartographie mené avec l’agence AWP. Près d’une centaine de cartes tentent de retranscrire les multiples pratiques de l’histoire nocturne parisienne. Leur intérêt vaut surtout pour les outils d’observation élaborés pour représenter et comprendre les enjeux contemporains d’un grand Paris nocturne, ambition prospective avouée de cette exposition.
AWP : Marc Armengaud, Paris la nuit, chroniques nocturnes, coédité par les Éditions Pavillon de l’Arsenal et les Éditions Picard, 436 p., 37 euros.