Copyright : ©Emmanuel DOUTRIAUX
Cet entretien, réalisé à Marseille la veille de l'inauguration du Mucem, a été effectué dans une perspective de recherche, en appui sur un enseignement en école d'architecture (Ensa Paris Val de Seine). Il n'aura que dans un deuxième temps donné lieu à publication sur le site d'Architectures. A cette fin il a, comme il se doit, été soumis à Rudy Ricciotti qui a donné des précisions importantes, et aussi décoché quelques banderilles à son interlocuteur et à la revue – mais là n'est pas l'essentiel. Béton
Emmanuel Doutriaux: à propos des « architectures de l'ingénieur » du béton armé héroïque, produites par la période moderne (Nervi, Candela), vous relativisez leur caractère rationnel qui est souvent accordé à leur dimension théorique (calcul) et relevez au contraire l'importance de leur mise en œuvre (chantier – coffrage) qui demeure comme une sorte d'impensé…
Rudy Ricciotti: Le génie de Candela ou de Nervi, c'est celui des coffreurs-boiseurs. Il faut imaginer ce que c'est que de stabiliser un échafaudage de voûte en PH, de couler des volumes inclinés de béton, de réaliser des escaliers provisoires en bois au moment où tu coules. Et d'ailleurs, par voie de conséquence, c'est bien la disparition des métiers qui cause l'extinction de ces expériences architecturales. Ce que Candela a fait était totalement expérimental. Il faut s'écarter des logiques doctrinaires à cet égard. Ces gens se situaient dans des logiques de compagnonnage. Sur le chantier d'alors, on ne théorisait pas, on passait à l'acte. Pour moi, la sensibilité de la discipline architecturale réside toujours dans ce passage à l'acte. (...)$##$

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