Paul Robbrecht nous reçoit dans un ancien
dépôt de bois de la périphérie de Gand, où l’agence Robbrecht en Daem s’est
installée depuis une dizaine d’années. Nous passons devant sa maison et nous
nous enfonçons sous la vaste structure en lamellé-collé qui occupe la presque totalité
du terrain. Faisant à la fois office d’arborétum, de garage à vélos et d’espace
d’expérimentation, cette canopée s’éclaircit au-dessus d’un jardin et d’un
bassin où les quarante collaborateurs se retrouvent rituellement en fin de
semaine autour d’un verre.
Le sol des circulations est souvent occupé par de lourdes sculptures tandis qu’aux murs sont accrochées des peintures. Nous nous asseyons autour d’une table et Paul prend immédiatement la parole. Hilde Daem et Johannes Robbrecht, leur fils, viendront nous rejoindre à la fin de l’entretien.
D’a : Nous vous connaissons surtout en
france pour Le marché couvert De gand et Les archives De bordeaux. Sur quels
projets travaillez-vous aujourd’hui ?
Nous travaillons depuis plus de dix ans sur la bibliothèque de l’université de Gand qui est un bâtiment moderniste des années 1930, c’est le dernier grand projet d’Henry Van de Velde et sans doute son chef-d’œuvre. C’est un bâtiment très simple, constitué d’une tour de livres et d’une grande halle qui correspond à la salle de lecture. Notre intervention est très délicate. Nous devons notamment ôter des murs la couche superficielle de béton détériorée pour la remplacer. Nous venons aussi de rendre le dossier d’appel d’offres pour le siège de la radio et de la télévision flamande à Bruxelles, un concours que nous avons gagné en 2015. (...) (...)