Copyright : ©Antoine MERCUSOT

C’est à Berlin, dans le quartier alternatif et multiculturel de Kreuzberg où il s’est volontairement exilé, que nous retrouvons Christian Kerez. Il nous reçoit dans une longue galerie/atelier éclairée latéralement par deux rangées de fenêtres et traversée par un impressionnant pont roulant qui permettait d’y hisser des charges depuis la cour. Ici, s’affairent une dizaine de stagiaires et de jeunes architectes venus du monde entier. Ils travaillent sur une vaste table de bois clair qui occupe la pièce sur presque toute sa longueur, entourés d’un paysage de maquettes d’études inachevées ou ruinées. Tirons le rideau, troisième élément essentiel de cet espace, l’entretien peut commencer.

D’a : Pas de parois, pas de cloisons, pas de portes : vos réalisations sont très marquées par une mise en présence presque obsessionnelle de ce qui structure, de ce qui porte.

Quand je construis une maison, un ensemble de logements ou un équipement public, ce qui m’importe avant tout c’est de créer une entité dont toutes les parties sont étroitement solidaires les unes des autres. Les éléments en eux-mêmes ne m’intéressent pas. Je préfère concentrer toute mon attention sur les relations qu’ils doivent nécessairement développer entre eux pour s’intégrer dans un ensemble. Il n’y a rien d’abstrait : pas de principes à appliquer, pas d’écriture personnelle à élaborer, simplement la volonté de créer un tout, défini par des liens inédits, établis entre les différents composants. (...) (...)

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