Le vitrage électrochrome développé par Sage propose une manière originale de moduler les apports de lumière solaire. Il intègre une couche micrométrique de céramique qui s'oxyde et se réduit à la demande, devenant plus ou moins sombre. Utilisé depuis dix ans sur des chantiers aux États-Unis, le SageGlass®, qui redonne une nouvelle noblesse à la vitre teintée, est maintenant disponible en Europe. Le contrôle des apports solaires, sujet incontournable concernant tout bâtiment énergétiquement efficient, a suscité plusieurs types de réponses architecturales.
Les deux solutions aujourd'hui les plus répandues sont le brise-soleil vertical ou le store, qui nécessite d'être protégé des vents par une façade rapportée appelée double peau. Le produit développé par Sage se propose de réaliser le contrôle solaire sans le secours de ces appendices, juste par un traitement particulier du verre. Le principe de fonctionnement du procédé se comprend aisément : une couche de céramique épaisse comme le 1/50e d'un cheveu, soit environ un micromètre, est déposée à la surface du verre. Sa présence est imperceptible et ne modifie pas la transparence du vitrage. Le passage d'un courant de 3 volts provoque l'oxydation du tungstène contenu dans la céramique, qui atteint le niveau d'obscurcissement souhaité quelques minutes après son déclenchement. L'inversion des polarités électriques entraîne la réduction de l'oxydation, ramenant la couche céramique à son état transparent. Ce système rappelle le Priva-Lite®, un verre transparent contenant des cristaux liquides sous tension, qui s'opacifie à la rupture du courant électrique. Mais il en diffère par la nature des matériaux utilisés et par le fait qu'il n'interrompt pas la vue vers l'extérieur.
L'obscurcissement
contre le réchauffement
Commercialisé depuis plus de
dix ans aux États-Unis, le produit commence à être mis en œuvre
en Europe. Il est proposé pour tout type d'application : en
tertiaire, dans les équipements ou en résidentiel. Il est possible
de l'intégrer à des doubles ou triples vitrages jusqu'à une
dimension maximale de 1,50 x 3,00 mètres. Le degré de
filtrage est gradable. Selon l'obscurcissement, le verre laisse
passer de 60 % jusque 2 % à peine du flux de lumière du
jour. Il élimine une partie du rayonnement visible et du rayonnement
infrarouge, responsable de l'échauffement thermique. Le réglage de
l'obscurcissement peut s'effectuer manuellement ou à l'aide d'une
GTB commandée par cellule photoélectrique. La division du vitrage
en zones permet un réglage fin de la luminosité : jusqu'à
trois niveaux d'opacification différents peuvent être obtenus sur
un seul panneau vitré, grâce à un système d'adressage activant
les courants électriques de façon différenciée. Son installation
doit être pensée dès le début du projet si l'on veut en tirer le
meilleur parti sur le plan de la consommation énergétique.
Le
coût de ce système est-il prohibitif ? Non, si l'on en croit
Julien Orillard, business manager chez Sage : « Si on fait
le calcul en comparant le coût du Sageglass à celui d'un vitrage
classique, le coût de la fenêtre est bien sûr plus élevé avec
notre produit. Mais il faut calculer la plus-value en prenant en
compte le coût global d'installation et d'entretien d'une façade à
double peau », explique-t-il. Quant à la mise sous tension
permanente du vitrage sous un courant de 3 volts, nécessaire au
maintien de la transparence comme à l'activation de l'opacité, elle
n'entraînerait pas de consommation électrique supérieure à celle
des moteurs de stores. Et le fonctionnement d'une protection solaire
par vitrage électrochrome reste totalement silencieux, contrairement
à celui des stores. Sage affirme que sur certains chantiers
américains, l'utilisation de ce vitrage a permis de remplacer la
climatisation par une simple ventilation naturelle. Voilà qui
augurerait un avenir radieux à ce produit mutant…