La 13e Biennale internationale Design Saint-Étienne, placée sous le thème « Ressource(s), Présager demain » se tiendra du 22 mai au 6 juillet. Cet événement, créé en 1998 par Jacques Bonnaval, alors directeur régional des Beaux-Arts de Saint-Étienne (aujourd’hui Esad Saint-Étienne), offre un panorama des enjeux contemporains à travers le prisme du design. La nouvelle édition explore au sens large la notion de « ressource(s) » et questionne le designer, acteur de premier plan. Expositions, conférences et ateliers rythmeront la Biennale sur deux principaux lieux d’exposition, La Platine – Cité du design et les halles Barrouin, au cœur de la ville de Saint-Étienne.

EXPOSITION « RESSOURCE(S), PRÉSAGER DEMAIN – DESIGN CLIMATIQUE »
Déjà cocommissaire de la Bap! 2025 (lire notre dossier p. 53-91), Philippe Rahm, architecte et théoricien du changement climatique, présente avec Laurence Salmon, directrice scientifique de la Biennale et directrice du développement culturel et artistique à la Cité du design, la section « Design climatique » dans l’exposition « Ressource(s), Présager demain » aux halles Barrouin. Dans ses travaux et recherches, Philippe Rahm intègre les paramètres climatiques et physiologiques comme des composants essentiels de la conception, visant à minimiser les émissions de CO2 et à améliorer le confort. Auteur du manifeste Le Style anthropocène (Head Publishing, 2023), l’architecte s’intéresse au rôle de la décoration intérieure face aux enjeux climatiques (lire l’entretien avec Maryse Quinton dans le n° 308 de d’a, de juin 2023). Il appelle à réactiver le sens pratique de la décoration, perdu avec l’avènement des énergies fossiles. Il nous l’explique dans cet extrait : « Jusqu’au début du XXe siècle, la décoration d’intérieur en Occident jouait un rôle pratique : lutter contre le froid, bloquer les courants d’air… Il s’agit de reconsidérer la valeur thermique, de travailler sur les valeurs de convection, de conduction, d’émissivité thermique, de repenser la matérialité de l’“emmobilier” – cette couche “décorative” des pièces entre l’immobilier et le mobilier dans une nouvelle optique de performance climatique. » Le style anthropocène réintroduit un design pratique et fonctionnel afin d’améliorer passivement le confort thermique des intérieurs. L’exposition « Design climatique » met en lumière ces designers qui pratiquent et s’approprient ce style en devenir, comme ces trois projets présentés ici.
10K House © José Hevia
« DESIGN CLIMATIQUE » – PROJETS 10K HOUSE
Le studio d’architecture et de design TAKK Architecture, installé à Barcelone, a été fondé par le duo d’architectes Mireia Luzárraga et Alejandro Muiño. Leurs projets, publics et privés, intègrent dans leur élaboration une réflexion féministe, écologique et politique pour créer une architecture favorable aux évolutions sociales et environnementales. À Saint-Étienne, ils présentent le projet 10k House, la rénovation d’un appartement barcelonais de 50 m2 avec un budget de 10 000 euros pour l’exécution des travaux. L’aménagement intérieur a été travaillé à partir des gradients thermiques. Du plus froid au plus chaud, les espaces s’emboîtent les uns aux autres pour tirer parti de chaque couche d’air et de matériaux. Les installations d’eau et d’électricité sont libres grâce à la surélévation des éléments construits. Après démolition, aucun nouveau revêtement (peinture, plâtre, carrelage…) n’a été posé. Enfin, comme s’il s’agissait de meubles, les éléments (murs, plafonds, piliers) en panneaux de MDF standards prédécoupés ont été livrés sur site. Les architectes et le client les ont assemblés à l’aide d’un petit manuel d’instructions.
Chaise Trosne © Ella Perdereau
TROSNE (...)