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La grand-messe du design se tenait une fois de plus cette année à Milan, du 8 au 13 avril. Pour l’occasion, la capitale lombarde s’est transformée en vitrine internationale de la création, accueillant le Salone del mobile sur le thème « Thought for Humans », la biennale Euroluce consacré à l’éclairage, ainsi que le foisonnant et incontournable Fuorisalone, déployé au cœur de la ville.

Cette nouvelle édition, ponctuée d’anniversaires, d’hommages et de rééditions, a célébré les savoir-faire et un design intemporel, une nostalgie sans doute nourrie par les dernières révolutions technologiques. Plusieurs expositions ont présenté leurs nouveautés dans un format Muséographique, comme pour la collection J39.5 en hommage à la chaise J39 du designer danois Børge Mogensen. La préservation du patrimoine était également à l’honneur, avec un hommage à deux Icônes du design : Charlotte Perriand a été célébrée à travers la réédition de quatre pièces par Saint Laurent, tandis qu’Anni Albers a été honorée par l’exposition de ses tissages réédités par Dedar à la Torre Velasca, emblème milanais du courant neoliberty italien. La Lumière s’est imposée comme composante architecturale chez Deltalight avec l’installation « Components of Space », alors que Luce5 dévoilait sa technologie HYLEtech au musée de la Triennale. Erwan Bouroullec a présenté à la Biennale Euroluce le luminaire Maap de la marque Flos, une création où le toucher devient un élément central du design. Avec un regard Artistique autour des savoir-faire, Mutina fait sa rétrospective tandis que Wonderglass nous embarque dans son univers poétique. Pour conclure cet abécédaire du design milanais, l’exposition de Dropcity présentait une étonnante Nomenclature du design carcéral. 

 

MUSÉOGRAPHIQUE

DESIGN CIRCULAIRE

Le studio japonais AtMa inc. a été fondé en 2013 par l’architecte d’intérieur Makoto Suzuki et l’artiste Ayumi Koyama. Ils conçoivent des projets d’aménagements de boutiques, d’hôtels et d’appartements, ainsi que des productions plus personnelles. Le studio a dévoilé une collection d’assises baptisée J39.5, en référence à la célèbre chaise J39 pensée par le designer danois Børge Mogensen en 1947. Tout a commencé par l’acquisition d’un stock original en très mauvais état (pieds manquants, dossiers fissurés) dans un entrepôt vintage de Tokyo. Le studio AtMa, désireux de donner une seconde vie à ces chaises, a imaginé une nouvelle collection. Celle-ci est composée uniquement des matériaux initiaux, auxquels ils ont ajouté « 0.5 de design » à la conception originale, transformant ainsi les chaises J39 en assises J39.5. La corde de papier tressée des assises et des dossiers est fabriquée à partir des éléments cassés, qui ont été réduits en poudre et transformés en papier. Une circularité appliquée à la matière autant que dans l’esprit de la conception. La collection était présentée à la Villa Borsani, joyau moderniste des années 1940, dans le cadre de l’exposition organisée par la plateforme design Alcova.

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BLANC SUR BLANC

Comme chaque année, Hermès a investi La Pelota, ancien terrain de sport des années 1940, pour y dévoiler sa nouvelle collection. L’exposition « À quoi tient l’objet », scénographiée par Charlotte Macaux Perelman, architecte et directrice artistique des collections Hermès avec Alexis Fabry, invitait le visiteur à déambuler dans un espace blanc immaculé. De grandes boîtes suspendues projetaient au sol des halos de couleurs vives, laissant entrevoir, par des ouvertures soigneusement découpées, les collections disposées comme de précieux objets de musée : une petite table basse en verre laqué du designer Tomás Alonso, de la porcelaine extra-blanche de la designer Nigel Peake, des vases et des pichets en verre soufflés aux motifs géométriques, ainsi que des étoffes en cachemires.

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VOLCANIQUE

La société italienne Ranieri Lava Stone, experte dans le travail de la pierre de lave, a présenté ses collections dans une exposition intitulée « Sous le volcan ». Celle-ci était installée dans l’ancienne usine désaffectée SNIA – ancien producteur mondial de fibres synthétiques – fermée depuis vingt ans, devenue pour l’occasion un lieu d’exposition de la plateforme design Alcova. Dans cet espace désaffecté, l’artiste Quayola présentait son œuvre Erosions : d’immenses blocs de pierre volcanique brute sculptés par des bras robotiques. Une ambiance sonore du compositeur italien Rodrigo D’Erasmo accompagnait l’exposition, évoquant le bouillonnement souterrain de la roche en fusion. De hauts blocs monolithiques, rappelant les tours de l’architecte mexicain Luis Barragán, complétaient l’exposition. Ces tours conçues par Francesco Meda et David López Quincoces, directeur artistique de la marque, entièrement recouvertes de carreaux en pierre de lave, présentaient les différentes finitions de textures et d’émaux de la collection.<ranierilavastone.com></ranierilavastone.com>

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ICÔNES

RÉÉDITION HAUTE COUTURE

À l’occasion de l’exposition « Saint Laurent – Charlotte Perriand », la maison Saint Laurent a révélé une collaboration posthume exclusive avec la designer Charlotte Perriand (1903-1999). Le directeur artistique de la maison Saint Laurent, Anthony Vaccarello, a choisi de rééditer quatre pièces créées entre 1943 et 1967, qui n’existaient jusqu’ici que sous la forme de prototypes ou de croquis. Ces quatre pièces d’exception ne seront produites que sur commande, en seulement huit exemplaires, par Cassina sous la direction de Pernette Perriand, fille de Charlotte, et de Jacques Barsac : la banquette de la résidence de l’Ambassadeur du Japon à Paris (1967) – en palissandre, osier et tissus en soie Jim Thompson –, le fauteuil Visiteur Indochine (1943) – en tube chromé, cuir et bois de palissandre –, la table Mille-Feuilles (1963) – fabriquée pour la première fois, composée de dix couches en bois de palissandre et cerisier – et enfin la bibliothèque Rio de Janeiro (1962) – en bois palissandre et cannage, conçue pour son mari Jacques Martin. Ce projet rend hommage à l’œuvre de Charlotte Perriand et témoigne de l’engagement de Saint Laurent en faveur de la préservation de l’héritage culturel et artistique. (...)

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