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Maîtres d'ouvrages : Est Ensemble
Maîtres d'oeuvres : Atelier Novembre & TNA Architectes
Entreprises : Bouygues Bâtiment IDF (Ouvrage publique), Atelier Novembre (Architecte Conservatoire, mandataire des études), TNA (Architecte Piscine), L’Archivolte (Architecte du patrimoine), Agence Christophe Gautrand & associés (Paysagiste), Scenarchie (Scénographe), CET (bureau d’études TCE), SOREIB (bureau d’études Traitement Eau / Air), AMOES (bureau d’études HQE), Jean-Paul Lamoureux (Acoustique), CRAM (Exploitant-Mainteneur), CL Design (Graphisme, Signalétique)
Surface SHON : 5 200 m² SP (CRD et Salon) ; 3 400 m² SP (Piscine)
Cout : 36,5 M€ H.T. 
Date de livraison : avril 2022

Rassembler sur un même site une Piscine historique et un nouveau Conservatoire est un programme singulier interrogeant les questions très actuelles de mixité, d’accroche au territoire et d’équilibre entre création et patrimoine...

Aujourd’hui la Ville se recompose sur elle-même, plus qu’elle ne s’étend, pour répondre aux objectifs d’économiser ses espaces et de revitaliser ses quartiers. Ces nouvelles réflexions obligent aussi à repenser les usages pour accompagner et favoriser la mixité des populations.
La rénovation de l’ancienne piscine Leclerc adossée d’un nouveau conservatoire pour constituer un seul ensemble est un concept ambitieux dont la singularité a profondément motivé l’accomplissement du projet. Les questions d’accroche au territoire, du mieux vivre ensemble, d’équilibre entre création et patrimoine, d’émancipation par la découverte et l’écoute se sont pleinement affichées ici dans les ambitions politiques de ce beau projet « citoyen ».

A quelques pas de la mairie de Pantin, le Conservatoire prend logiquement place sur le côté Ouest du site pour répondre à la fois à la mise à distance souhaitée de la Piscine Leclerc, pour animer la nouvelle rue créée par ses volumes et positionner son accès principal à l’angle sud-ouest de la parcelle. 
Les deux bâtis se côtoient ainsi, dans un dialogue de gabarits et de matériaux, briques rouges d’un côté, blanches de l’autre, sur l’artère de l’avenue du Général Leclerc. L’espace qui les sépare permet de proposer un jardin intérieur, ilot de fraîcheur ouvert aux baigneurs les beaux jours, sur lequel donne un espace-salon transparent situé dans la galerie de liaison entre les deux équipements.
L’organisation des espaces du conservatoire répond aux souhaits du programme de disposer d’un équipement composé de plusieurs entités distinctes qui, à des degrés variables, nécessitent autonomies de fonctionnement et accès différenciés. Un conservatoire se doit par ailleurs de déployer des espaces d’emprises et de volumétries multiples avec les difficultés engendrées par leur juxtaposition et leur isolement acoustique. 
Le parti pris en coupe propose alors une organisation pensée en lisibilité et transparence : en partie inférieure, un socle haut et épais accueille les grands volumes aux contraintes acoustiques fortes ainsi que le bassin neuf, et les espaces demandés en liaison avec le hall d’accueil ; un étage intermédiaire (niveau 1) rassemble les volumes de faible hauteur ; un étage en attique (niveau 2) reçoit les grandes salles de travail collectif dans des volumes plus libres.

Dans le cadre de ce marché global, le travail collaboratif avec l’entreprise générale a permis d'être performant en matière d'engagements environnementaux. 
Par leur compacité, et le soin attaché à la conception de l’enveloppe des deux bâtiments, avec des surfaces vitrées strictement mesurées, leur inertie thermique permet de largement diminuer les déperditions. Pour la partie monument historique, le défi d’arriver à entièrement isoler le bâtiment sans porter atteinte à son intégrité patrimoniale a été relevé : tout est isolé mais rien n’est visible.
Du point de vue des énergies, à l’heure où les crises énergétiques et économiques interrogent chaque jour les maîtres d’ouvrage et les concepteurs, le choix initial pris par la maîtrise d’œuvre de chauffer l’ensemble grâce à une chaufferie biomasse prend ici tout son sens. Cette dimension est d’autant plus déterminante pour la partie aquatique du projet, répondant ainsi sans ambiguïté à la soutenabilité énergétique et économique d’un tel équipement pour les finances publiques. 
Le volet des consommations électriques a été également largement soutenu, avec l’adjonction en toiture du conservatoire de 710m² de panneaux photovoltaïques qui alimentent les deux bâtiments.
Représentatives du patrimoine balnéaire parisien des années 1930, les façades de la piscine Leclerc sont restituées dans leur dessin historique : l’écriture en lits de briques horizontaux, la finesse des menuiseries, la position des ouvertures, tous ces éléments sont strictement respectés, jusqu’à l’expression de la cheminée dont le couronnement original est reconstruit. Seul point d’interprétation : la façade Ouest de la halle de bassin est ouverte, au niveau du rez-de-chaussée, en une série de transparences en moucharabié créées dans le mur de briques historiques, permettant de désenclaver l’espace et donner un aperçu du jardin aux baigneurs. 
Tout en conservant strictement la volumétrie intérieure d’origine, le renouveau du bassin existant passe par l’amélioration du confort des usagers, l’intégration de la technique maintenue invisible aux regards, et la conduite de ce monument historique vers une performance globale de très haut niveau. Le nouveau bassin d’apprentissage prend place quant à lui en rez-de-jardin, sous le volume du Conservatoire. Il s’ouvre largement sur le jardin par de grandes baies vitrées ; les deux bassins se faisant ainsi face.
 
Placer la culture et le sport au cœur de la ville, les voir comme des moteurs d’attractivité urbaine, tels sont les enjeux portés par les projets des agences Atelier Novembre et TNA. Cette vision commune participe de la nécessité de « réparer » la ville, construire avec les existants, rénover les patrimoines ; notions renvoyant aux véritables enjeux de l’architecture d’aujourd’hui, essentiels à la préparation d’un avenir urbain durable. 
Le projet de Pantin est en ce sens une illustration forte de cette conviction ; par ce choix d’un foncier unique, d’une conception globale, et d’un regroupement dans une même démarche de deux équipements emblématiques au service de tous les publics.

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