Avec le siège communautaire de Moselle & Madon, Studiolada illustre son engagement en faveur d’une architecture à la fois écologique, sociale et participative. En invitant les usagers à contribuer à la construction du bâtiment, le projet incarne une approche collaborative exemplaire, même si l’on aurait aimé une attention plus forte portée aux enjeux formels, urbains et symboliques.
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Maîtrise d’ouvrage : communauté de communes Moselle et Madon |


Le mot « collectivité » est central pour le collectif d’architectes Studiolada, composé de six architectes nés autour de 1980, ayant grandi dans le Grand Est et étudié l’architecture à l’École de Nancy. Ils partagent un bureau, des imprimantes, des employés et une fascination pour le chantier. D’habitude, leurs projets sont pilotés par un ou deux architectes, rarement trois au maximum. Contrairement aux architectes qu’ils admiraient durant leurs études, alors engagés dans la construction de la globalisation, aujourd’hui largement remise en question, Studiolada revendique avec fierté son ancrage local. Ils travaillent presque exclusivement dans la région du Grand Est, à moins de quatre-vingt-dix minutes de leur bureau. Cette proximité leur permet de bien connaître les ressources locales : matériaux, savoir-faire, entreprises et artisans. Le Grand Est devient un laboratoire à ciel ouvert où ils expérimentent des processus constructifs valorisant les ressources locales. Chaque projet, en retour, contribue à nourrir le territoire en mobilisant artisans et entreprises régionales. Des réunions hebdomadaires et la rotation fréquente des équipes favorisent un partage constant des expériences, renforçant une dynamique collective qui alimente leur approche architecturale.
© Emmanuel Caille
Le siège de la communauté de communes de Neuves-Maisons, situé dans la région industrielle de Nancy, pourrait servir de décor au roman Leurs enfants après eux de Nicolas Mathieu. La commune abrite encore aujourd’hui une usine métallurgique en activité. Cependant, avec l’évolution des procédés de production de l’acier et l’utilisation croissante de ferraille recyclée en remplacement du minerai de fer, cette fabrique offre aujourd’hui bien moins d’emplois qu’à son apogée. Non loin de celle-ci, le site retenu pour accueillir le siège intercommunal se trouve à la lisière de la ville. Ce choix reflète une volonté de neutralité territoriale et d’accessibilité optimale pour les 19 communes concernées. Il permet également de répondre aux besoins spécifiques de l’intercommunalité, en accueillant notamment le dépôt des transports publics. L’enjeu du projet était de transformer ce non-lieu, composé de vestiges d’un tissu industriel encore partiellement actif, mêlés à des friches et des hangars abandonnés, un Intermarché, un McDonald’s, une concession Renault et une station d’épuration, en un lieu de vie et de rassemblement pour la commune.

Pyramides
La solution résidait dans l’architecture vernaculaire de la région, notamment la ferme-bloc lorraine. Cette maison profonde rassemblait plusieurs familles et usages sous un même toit, une réponse au climat continental qui exigeait de réduire la surface de façade pour limiter les pertes thermiques. Cette organisation compacte permettait également de libérer des terres pour l’agriculture. Au centre de la maison, une cuisine partagée était située sous un puits de lumière pyramidal appelé « flamande ». Traversant également le grenier, (...)