Au pied d’un ensemble résidentiel sans âme des années 1960 comprenant une barre écrasante, l’architecture ciselée de Guillaume Ramillien compose un écrin délicat à une crèche de 99 berceaux et un centre de protection maternelle infantile (PMI). Par sa présence, par les aménités urbaines dont il s’entoure, et l’emploi du bois, le nouvel équipement public concourt aussi à apaiser cet îlot parisien bétonné et à le reconnecter à la ville.
| Maîtrise d’ouvrage : Paris Habitat OPH (pour ordre Ville de Paris DFPE et DSP) Maîtrise d’œuvre : Guillaume Ramillien Architecture (Guillaume Ramillien, Thibault Girardi, Naïs Campedel, Théophile Bianciotto, Marc Rousseau) ; Bloom (paysage) ; Ai Environnement (fluides et HQE) ; EVP (structures) ; CS2N (économie) Programme : multi-accueil de 99berceaux, centre PMI +espaces publics Surface plancher : 1350m2 Coût: 4,08 millions d’eurosHT (3020eurosHT/m2SP) +580000euros HT (espaces publics) Calendrier : concours, 2017 ; livraison, 2024 |
©Pascal Anoyel
Entre les boulevards des Maréchaux et la petite ceinture, l’urbanisme des années 1960 et 1970 n’a pas toujours été tendre avec le tissu historique parisien. C’est le cas de l’îlot Lefebvre-Périchaux-Brancion dans le 15e arrondissement, un ensemble résidentiel occupé en son centre par une barre impressionnante (150mètres de long) et plutôt sinistre. Depuis quelques années, le bailleur social et gestionnaire Paris Habitat a entrepris de réorganiser et de rationaliser les espaces libres au pied de celle-ci et c’est à la faveur de ces aménagements – création d’un square public et résidentialisation – qu’une partie du foncier, en mitoyenneté de parcelles bâties côté boulevards, a été affectée à l’accueil d’une crèche couplée à un centre PMI indépendant.

La compacité de cette emprise proposée au concours de maîtrise d’œuvre ne laissait guère de latitude aux concepteurs. Elle les contraignait à positionner la crèche en étage, face à la barre, et à exposer à la vue des résidents le jardin inclus dans le programme. Pour Guillaume Ramillien, l’absence d’intimité des futurs usagers est problématique. L’architecte fait le choix de déborder de cette assiette foncière, au risque d’être disqualifié, pour déployer son projet autour d’un jardin clos, véritable hortus conclusus. Sa forme polygonale intègre deux érables et un cèdre existant, de beaux sujets (...)