[ Maître d’ouvrage : Régie immobilière de la Ville de Paris (RIVP) – Maîtres d’œuvre : Architecte mandataire : Atelier Philéas ; CET Ingénierie (BET TCE), Plan02 (BET HQE), Atelier Moabi (paysagiste ) – Entreprise : GTM Bâtiment – Programme : 22 logements familiaux intermédiaires (bât. A), 95 logements sociaux dont 10 ateliers d’artistes et 3 logements familiaux intermédiaires (bât. C), toiture réservoir de biodiversité (bât. A) et terrasse avec serres et bacs potagers (bât. C) – Surfaces : 9 940 m2 SDP – Calendrier : études : 2017-2021 ; chantier : 2021-déc 2023 (bât. A), 2021-mars 2024 (bât. C) ]


De part et d’autre d’une enclave pavillonnaire de la Butte-aux-Cailles à Paris, Atelier Philéas reprend deux des quatre immeubles du campus historique de l’école d’ingénieur des Télécom pour y insérer 22 logements intermédiaires et 95 logements sociaux. En pleine crise du logement, crise couplée aux enjeux du réchauffement climatique soulevés par la construction neuve, cette restructuration lourde d’un campus universitaire en logements paraît légitime.

 

La rénovation de la façade industrielle rue Barrault redonne à l’ancienne ganterie Neyret son cachet d’antan. Débarrassés des nombreuses verrues que l’école des télécoms lui avait affublées, le bâtiment de briques et ses monumentales baies vitrées industrielles pourraient désormais prendre place parmi les bâtiments emblématiques de la Butte-aux-Cailles. Peut-on pour autant habiter dans un monument industriel de ce qui fut, jusqu’au début du XIXe siècle, la vallée de la Bièvre ? L’ancienne usine constitue l’une des deux mâchoires qui enserre la charmante villa Daviel, l’une de ces anomalies pavillonnaires typiques du 13e arrondissement de Paris et de la Butte. De l’autre côté des pavillons, un bâtiment de salles de cours, extension de l’école des années 1950, est également transformé en 22 logements locatifs intermédiaires (LLI). L’usine de gants est quant à elle recomposée en 95 logements sociaux, n’en déplaise aux habitants des petits pavillons voisins. Pour ne pas les brusquer, l’ancienne surélévation de l’usine recouverte de panneaux légers amiantés a été rhabillée en panneaux Emalit de la même teinte blanche. Ces coulissants de verre opaques réfléchissent le ciel. Fabriqués sur mesure, ils assurent une protection solaire aux nouveaux habitants et font disparaître le haut du bâtiment dans les nuages, comme pour faire oublier que cette extension – et ce qu’elle contient – existe bien.

 

Comme un gant

Rue Vergniaud, Atelier Philéas met à profit les grandes hauteurs sous plafond et les nombreuses ouvertures vitrées pour les logements locatifs intermédiaires. Les prestations sont sobres, budget oblige. Les allèges d’origine deviennent moins (...)

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