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Quel est l’impact de l’IA sur les images d’architecture ? S’il est difficile de répondre à une question dont les termes auxquels elle s’attache évoluent à une vitesse inédite, nous avons essayé d’apporter quelques éléments de réponse avec Éric de Broche des Combes, créateur de Luxigon, l’agence cool et rock qui a taillé en 3D les projets pionniers de Rex ou de MVRDV au début des années 2000.

 

Photo taken with Focos

À deux pas de son adresse parisienne, Éric de Broche des Combes reçoit en terrasse d’un café de la rue Montmartre, dans le 2e arrondissement. Architecte et fondateur de l’agence d’images numériques d’architecture Luxigon, il est contemporain des acteurs musicaux de la French Touch, époque dorée de l’innovation artistique française.

Mehdi Zannad : D’où vient votre vocation d’architecte ?

Éric de Broche des Combes : Mon père a fait les Arts déco à Paris avant de travailler comme perspectiviste. En 1968, au moment de la création des unités pédagogiques, à la séparation avec les beaux-arts, il obtient un poste de prof de dessin à l’école d’architecture de Marseille et mes parents déménagent dans la Cité radieuse. La sociologie est entrée massivement dans l’enseignement, ça a été dur pour mon père qui était une proie facile pour les maoïstes. Le dessin était vu comme une pratique corrompue. Mais, dans le fond, personne n’avait tort, sociologie et dessin avaient tous les deux leur place. J’ai intégré l’école en 1989 après avoir hésité avec la musique. Comme je dessinais bien, grâce aux encouragements de mon père, je grattais des diplômes clé en main pendant les vacances, c’était toujours mieux que les vendanges.

Quelle était la part de l’informatique à Marseille ?

C’était très mal vu. Les profs étaient radicalement contre les ordinateurs car ils ne savaient pas s’en servir. En 1992, en licence, j’ai remarqué qu’il y avait un pôle de recherche d’infographie, le GAMSAU (Groupe d’étude pour l’application des méthodes scientifiques à l’architecture et l’urbanisme), où ont été développés les premiers langages de programmation liés à l’architecture en France, et la photogrammétrie, qui servait surtout pour l’archéologie. Je traçais des perspectives à la main pour gagner ma vie, les outils numériques étant refusés massivement. Mais c’était idiot : à chaque changement de point de vue ou d’ombre, il fallait tout refaire. (...)

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