En limitant les intermédiaires, l’architecte Christian Patey entend offrir plus et mieux en tant que promoteur. Adepte du circuit court, il n’a pas attendu le covid pour programmer des espaces supplémentaires.

Originaire de Chambéry, Christian Patey a fait ses études à Paris, à l’École nationale supérieure d’architecture de Paris-La Villette. Mais c’est dans la comédie qu’il commence réellement sa carrière professionnelle, alors qu’il est encore un jeune étudiant de 22 ans. Dans L’Argent, un film de Robert Bresson, il tient le rôle principal d’Yvon Targe, modeste chauffeur-livreur de fuel, qui vit une descente aux enfers, jusqu’au meurtre, après avoir été injustement accusé d’essayer d’écouler de faux billets. Deux ans plus tard, il donne la réplique à Michel Piccoli, dont il joue le rôle de l’amant, dans Adieu Bonaparte de Youssef Chahine. Il tourne encore Agosto, un long métrage de la nouvelle vague portugaise de Jorge Silva Melo. Pourquoi ne pas avoir continué le cinéma pour persévérer dans l’architecture ? « Je n’aimais pas ça, se justifie-t-il. On a tout le temps besoin de reconnaissance. On finit comme un produit. » Et l’acteur-architecte de rapprocher pourtant le septième du premier des arts : « Il y a de nombreuses analogies entre la production d’un film et celle d’un bâtiment, entre un producteur et un promoteur. Le cinéma et l’architecture mobilisent beaucoup d’argent… Je me suis dit qu’il fallait que je fasse également de la promotion immobilière. »

Après avoir travaillé chez Jean-Pierre Buffi, à Paris, Christian Patey retourne dans sa ville natale, à Chambéry. Il commence par des travaux de copropriété, comme le ravalement de la cité du Biollay, où il a grandi. Ce dégourdi de la vie réalise aussi des achats-ventes de terrains. De proche en proche, il apprend les rudiments de la promotion immobilière. « La première personne que j’ai embauchée n’était pas architecte, mais économiste », expose-t-il. Livrés en 2011, les 21 logements des Sorbiers, à Saint-Jean-d’Arvey (73), sont la première opération importante réalisée en tant que maître d’œuvre et maître d’ouvrage. Leurs façades de bois inspireront les deux opérations suivantes : Le Tilia (11 logements), à Chambéry, et Le Sylvaé (centre paramédical de 1 800 m2), à Saint-Baldoph (73). (...)

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