Amandine Diener, maîtresse de conférences à l’École nationale supérieure d’architecture de Bretagne, l’affirme : « L’architecte François Spoerry a fait de nombreuses opérations immobilières en qualité de promoteur, avant de se lancer dans Port-Grimaud. » D’autres avant lui, au XXe siècle, ont empilé plusieurs métiers du bâtiment. Fernand Pouillon, bien sûr, mais aussi Jean Walter, l’architecte de l’hôpital Beaujon…
« Le cumul d’activité n’avait rien d’exceptionnel chez les architectes avant la Seconde Guerre mondiale », expose Marie Gaimard, historienne, enseignante à l’École nationale supérieure d’architecture de Normandie. Le cas des frères Perret est resté célèbre. Les trois fils de Claude-Marie Perret disposaient d’une entreprise générale de travaux publics spécialisée dans le béton armé (Perret Frères), d’un bureau d’études technique et d’un atelier de conception architecturale aux initiales d’Auguste et Gustave (A&G Perret). Dans certains cas, tels que l’immeuble d’habitation de la rue Raynouard, à Paris dans le 16e arrondissement, la fratrie se faisait également maître d’ouvrage, rapporte Guy Lambert dans l’Encyclopédie Perret, rédigée sous la direction de Jean-Louis Cohen. C’est donc l’ensemble de la chaîne de fabrication des bâtiments que maîtrisaient Auguste, Gustave et Claude, en dépit du code Guadet, le code des devoirs professionnels de l’architecte de 1895, qui, non coercitif mais préfigurant la création de l’Ordre en 1940, invitait à ne pas entremêler les activités libérales et commerciales.
Autre exemple, au milieu des années 1930 (...)