Le hors-site – nouveau visage de la préfabrication, longtemps décriée – suscite un regain d’intérêt depuis quelques années. Une opportunité pour construire plus durablement à l’heure où la décarbonation du bâtiment est impérative, mais qui soulève toutefois un certain nombre de questions chez les architectes.
On ne cesse de le répéter, le secteur du bâtiment et des travaux publics est l’un des secteurs les plus délétères pour la planète. Responsable de près de 25 % des émissions de gaz à effet de serre en France, générant à lui seul plus de 46 millions de tonnes de déchets par an d’après les chiffres de l’Ademe, il est au cœur des enjeux de décarbonation. À l’heure d’une polycrise (économique, énergétique, sociale, environnementale…), il est impératif de réinterroger les modèles de production de la construction. Si le recours aux matériaux bio et géosourcés monopolise aujourd’hui le débat et les discours, le hors-site revient sur le devant de la scène, après en avoir longtemps été évincé. Le principe est simple : il s’agit de fabriquer, en amont et en atelier ou en usine, la majorité des éléments, composants ou modules d’un bâtiment, avant de les acheminer et de les assembler directement sur le chantier, in situ.
Le choix du terme « hors-site » n’est pas une simple coquetterie lexicale, mais une manière plus consensuelle pour désigner la préfabrication, un mot lesté (...)