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« Gens explore l’économie du projet sous des formes […] diverses : conceptuelle, esthétique, budgétaire ou énergétique. » Cette petite phrase placée en en-tête de leur site internet, ainsi que quelques paroles glanées au gré de nos discussions m’avaient déjà mis la puce à l’oreille : les architectes de Gens ont un propos, non pas sur le rôle de l’architecte dans l’économie, mais bien sur l’économie de l’architecture. Lauréat des AJAP en 2012, Gens est aujourd’hui constituée de Guillaume Eckly, Barbara Fischer et Mathias Roustang (voir le parcours sur l’agence, par Karine Dana, d’a n° 249, publié en novembre 2016) et fait partie des agences qui ont un rapport intégré et positif à l’économie, l’inverse d’un objet de résistance.

Chacun sait les débats qui traversent l’architecture comme pratique lorsqu’il s’agit de produire des « objets » dits génériques. C’est une question ancienne, qui revient régulièrement. Dans son versant le plus séduisant, mais aussi le plus ardu, elle parle de l’autonomie d’une discipline qui pourrait exister au-delà des programmes. Pour certains maîtres d’ouvrage, cette architecture générique semble pouvoir répondre à une incertitude croissante et à un contexte économique qui pousse à faire des « économies » ; pour certains, elle permet de faire émerger une esthétique de l’économie. Pour Gens, qui développe depuis quinze ans une œuvre aux prises avec la « banalité du quotidien », cette question évoque plutôt l’économie de l’esthétique. Ils le disent : « Les idées coûtent cher. Nous cherchons à avoir le moins d’idées possible. » 
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