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  • Bruno Reichlin : La boîte à outils du projet

    S’il est en France surtout connu des chercheurs, l’architecte Bruno Reichlin, né à Lucerne en 1941, est sans doute aujourd’hui l’un des plus grands intellectuels et critique d’architecture. Enseignant ayant eu une influence considérable, il a été marqué dès la fin des années 1960 par sa rencontre avec les architectes et intellectuels italiens et par sa collaboration avec Aldo Rossi qu’il a fait venir à l’ETH de Zurich. À l’occasion de la sortie cette année du premier volume de ses œuvres consacré à Le Corbusier, Catherine Dumont d’Ayot, qui en a supervisé l’édition, l’a interrogé sur sa vie d’architecte et d’intellectuel. Christian Sumi livre également en introduction une brève analyse du livre Le Corbusier, De la solution élégante à l’œuvre ouverte. EC

  • Crise du logement abordable. Plus d’émoi que d’architecture

    Face à la difficulté de loger les plus pauvres, que font les architectes ? Il est proposé ici une réflexion sur la possibilité d’aborder spatialement le sujet, par-delà les tabous qui rendraient intouchables les contours actuels de l’architecture du logement. La question mérite d’être posée : derrière le valeureux héritage du logement moderne standardisé, ne risque-t-on pas d’encourager le logement cher, inabordable pour une partie grandissante de la population, alors qu’une prochaine crise sociale pourrait bien venir du coût du logement ? Quelle autre approche lui substituer ?

  • Dans la caverne de Platon « Thomas Demand, le bégaiement de l’histoire »

    La rétrospective consacrée Thomas Demand se présente d’abord comme une exposition de photographies en couleur dont les à-plats semblent renvoyer à la peinture de Johannes Vermeer, mais des indices dénoncent lentement un dispositif plus complexe qui interroge sur la réalité du monde que nous appréhendons quotidiennement.


    « Thomas Demand, Le bégaiement de l’histoire » jusqu’au 28 mai 2023 au Jeu de Paume, 1, place de la Concorde, Jardin des tuileries, Paris 1er.
  • Du bureau au logement, la vie de l’architecture haussmannienne. Réhabilitation d’un immeuble, rue de Châteaudun, Paris 9e

    Maîtrise d’ouvrage : Élogie-Siemp

    Maîtrise d’œuvre : Atelier d’Architecture Ramdam, Franck Dibon et Olivier Misischi ; EVP Ingénierie, BET structure ; Sunsquare, BET fluides ; ICTEC, économiste ; Vivié & Associés, acoustique

    Mission : complète type loi MOP

    Entreprise : Osiris Bâtiment

    Surface : 581 m2 SHAB

    Coût : 1 564 000 euros HT

    Livraison : 2022 

  • En (Ré)équilibre. Restructuration de 19 logements sociaux, rue de Saintonge, Paris 3e

    Maîtrise d’Ouvrage : RIVP

    Maîtrise d’œuvre : Bien Urbain Atelier d’architecture

    BET : Nepsen Ingénierie

    Surfaces : 1 320 m2 (SDP), 1 009 m2 (Shab)

    Coût : 2 757 450 euros HT

    Livraison : 2023 

  • Gens, le tableur et l’économie de l’esthétique

    « Gens explore l’économie du projet sous des formes […] diverses : conceptuelle, esthétique, budgétaire ou énergétique. » Cette petite phrase placée en en-tête de leur site internet, ainsi que quelques paroles glanées au gré de nos discussions m’avaient déjà mis la puce à l’oreille : les architectes de Gens ont un propos, non pas sur le rôle de l’architecte dans l’économie, mais bien sur l’économie de l’architecture. Lauréat des AJAP en 2012, Gens est aujourd’hui constituée de Guillaume Eckly, Barbara Fischer et Mathias Roustang (voir le parcours sur l’agence, par Karine Dana, d’a n° 249, publié en novembre 2016) et fait partie des agences qui ont un rapport intégré et positif à l’économie, l’inverse d’un objet de résistance.

  • L'architecture, une économie en projet

    Économie. Le terme est tellement générique, omniprésent, un peu comme celui de « patrimoine », qu’on se surprend régulièrement à ne plus l’observer vraiment, avec une distance neutre, en le questionnant. L’économie s’impose, qu’elle soit macro, micro, sociale, solidaire… Elle est science aussi. On dit d’ailleurs « les sciences économiques » comme pour se garder d’un impérialisme académique qui leur serait forcément funeste. S’agissant de l’architecture, l’économie devient souvent et vite un tourment pour ceux qui la pratiquent. En tout cas, quasiment toujours un terme qui limite, qui empêche « le beau, le vrai et l’utile », devise à laquelle Simon-Claude Constant-Dufeux convoquait déjà les architectes de la Société centrale.
    L’opposition est sans doute trop facile. Elle relève du lieu commun. Au mieux d’une rhétorique pour les comptoirs de café, au pire d’une stratégie extérieure bien rodée pour circonscrire le rôle de l’architecte dans un écosystème où chaque groupe d’acteurs lutte pour s’insérer économiquement.

  • Le noir et le blanc. Réhabilitation de 54 appartements et réalisation de 18 logements, Paris 20e

    Maître d’ouvrage : RIVP

    Maître d’œuvre : Serge Joly et Paul-Emmanuel Loiret, architectes mandataires ; Olivier Perraguin, MOE

    BET : EVP, structure ; Choulet, fluides ; BMF, économiste

    Entreprises : Demathieu & Bard, EG ; Cuiller Frères, bois

    Programme : réhabilitation Plan Climat de 54 logements et construction de 18 logements neufs

    HQE : NF Bâtiment HQE, label Effinergie + ‐ RT2012 Plan Climat

    Surfaces : réhabilitation, 3 360 m2 ; neuf : 1 466 m2, dont 75 m2 ERP

    Coût : 7,33 millions d’euros (réhabilitation, 2,77 millions d’euros HT ; neuf : 4,6 millions d’euros HT)

    Calendrier : livraison, 2022 

  • Lumière naturelle : menuiseries et protections solaires. S’affiner pour laisser toujours plus de place au verre

    Menuiserie et vitrage caractérisent la lumière naturelle dans l’architecture intérieure du bâtiment. Mais ils agissent aussi sur la santé, le bien-être, le bien-vivre ou le bien-travailler de ses occupants. Dans un contexte réglementaire qui pousse aux économies d’énergie grâce à une meilleure gestion des apports solaires et pour le bonheur des concepteurs, les profilés s’affinent pour laisser toujours plus de place au verre. Les dimensions peuvent s’étirer jusqu’au panoramique. Quels que soient les projets du tertiaire au résidentiel, la performance thermique est un prérequis. Pour autant, si le confort d’hiver n’est plus une variable d’ajustement, celui d’été intronisé par la RE2020 doit aujourd’hui empêcher le recours à des équipements énergivores. Indispensable corollaire des menuiseries, la protection solaire protéiforme évolue à leur rythme. Voire même à celui des bâtiments qu’elle prolonge en les ouvrant vers l’extérieur avec des propositions sans cesse réinventées pour une demande qui ne tarit pas : celle de l’aménagement outdoor.

  • L’architecture comme activité économique, ineptie ou nécessité ?

    par Corinne Langlois, architecte et urbaniste en chef de l’État, sous-direction de l’Architecture et de la Qualité de la construction et du cadre de vie, ministère de la Culture


    Parler d’économie de l’architecture peut choquer. Quand une discipline est d’intérêt général, qu’elle crée des lieux pour accueillir de multiples activités humaines, il est naturel d’évoquer sa qualité tout en oubliant qu’elle est conçue et réalisée par un ensemble d’acteurs économiques, qu’elle joue sur la valeur immobilière, qu’elle est génératrice de flux financiers, de dépenses et de revenus mais aussi qu’elle est facteur d’innovations à haute valeur économique.

  • L’énigme de l’arrivée

    par Bruno Fortier

    On ne pouvait aborder la question économique de l’architecture sans en passer par la ville. Objet de tant d’études, d’analyses, de concepts, de points de vue, elle est une autre forme d’économie en projet. Bruno Fortier a accepté de se prêter au jeu avec sa plume érudite, parfois énigmatique et cependant toujours ouverte. Tant mieux, il ne s’agissait pas de conclure par une énième démonstration mais plutôt par une invitation à questionner encore la longue histoire des villes, celle notamment qui se dessine dans les liens complexes et iridescents entre économie et densité. LD

  • MOP ou conception-réalisation, comment faire le bon choix ?

    Pour les maîtres d’ouvrage occasionnels, puiser dans la palette des procédures de marchés publics tient souvent du casse-tête au moment de lancer une consultation. Pourquoi opter pour un concours en loi MOP (maîtrise d’ouvrage publique) ou une conception-construction ? Quelle est la souplesse du code des marchés publics pour auditionner les candidats ? Fort de son expérience à la tête du grand service de maîtrise d’ouvrage de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), Cédric Dumesges nous aide à y voir clair.

  • Oikonomia : une pratique éthique de l’économie de l’architecture

    par Étienne Helmer, enseignant-chercheur, université de Porto Rico, département de Philosophie

    Dans son article « Distinguer la valeur économique de l’architecture » (d’a n° 304), Lorenzo Diez rappelle les liens étroits qui unissent dès l’origine l’architecture et l’économie, l’étymologie grecque de ce dernier terme – oikonomia – renvoyant à l’administration de la maison. Mais sous quelle forme exactement la dimension architecturale de la maison intervient-elle dans la pensée économique de la Grèce antique ?

  • Ornamental Makers

    Installé à Tours depuis 2016, le duo créatif Hors-Studio transforme les « ressources déchets » en nouveaux matériaux d’ornements. Se définissant « hors » du cadre, les fondatrices Élodie Michaud et Rebecca Fezard sont à la fois designers, chercheuses et artisans d’art. Leur travail d’ennoblissement du déchet combine les outils numériques aux techniques de productions artisanales. Lauréates de la Bourse Agora du design, leur projet « À lier » questionne la problématique du liant 100 % naturel et biodégradable et de sa mise en forme. Fort de son expertise, le binôme ouvre en 2019 une plateforme collaborative en open source, intitulée Precious Kitchen. Les ressources de déchets disponibles en gisement stable sont identifiées et cartographiées, car chaque chute caractérise les savoir-faire d’un territoire. Les recettes de matériaux issus de ces déchets sont mises à disposition. Parmi les nombreux matériaux en cours de développement, pour certains éprouvés sur des installations artistiques, Hors-Studio a mis au point le Leatherstone, issu de chutes de cuirs.


    precious.kitchen
  • Outlook towers 143 logements et 15 SOHO, Chapelle international, Paris 18e

    Maîtrise d’œuvre : Armand Nouvet Architecture (mandataire) + DATA Architectes ; Arnaud Ledu Architecte, directeur des études travaux ; architectes collaborateurs études : Hélène Battini, Jacques Longo, David Mader, Clémentine Valadié, Nicolas Keller (WILD paysages)

    Maîtrise d’ouvrage : Vinci Immobilier

    BET : EVP, structure ; Elithis, fluides ; HYTECC, OPC ; Legendre, gros œuvre ; Mathis, charpente bois ; Lorillard, châssis bois ; Atelier de Beauce, châssis aluminium ; UTB, plomberie CVC ; HELBUL, CFO-CFA ; ISTRA, cloisons-menuiserie intérieure ; De Sousa, sols, peintures ; Cape Services, paysage

    Surface de plancher: 11 064 m2

    Coût : 24,5 millions d’euros HT

    Calendrier : concours, 2018 ; livraison, 2023 

  • Stratégies

    Concours pour la transformation de bureaux en logements, boulevard Macdonald, Paris 19e

    Ce concours, qui s’inscrit dans le cadre de Réinventer Paris III « Transformer des bureaux vacants en logements », est porté par Immobilière 3F. Le premier bailleur social français cherche à mieux s’implanter à Paris en encourageant de nouvelles manières de concevoir, moins axées sur la représentation que sur la méthodologie et sur l’attention portée aux qualités d’usage des espaces habités. Afin de promouvoir une architecture plus vertueuse et respectueuse de ses occupants…

  • TANK architectes : Dialogue critique

    L’agence lilloise TANK architectes fêtera sous peu ses deux décennies d’existence. Depuis sa création, le duo formé par Olivier Camus et Lydéric Veauvy n’a jamais cessé de se consolider et d’évoluer dans une direction commune. Produire une architecture singulière en est l’enjeu, tout en étant en prise directe avec les grandes mutations de notre époque.

  • Une couverture tout en souplesse. Halle des sports et pavillon d’accueil dans le parc du lycée Michelet de Vanves, par Explorations Architecture et le BET EVP

    Comment concilier, finesse, légèreté, luminosité et élégance pour couvrir des terrains de sport ? L’agence Explorations Architecture répond à cette question en remaniant complètement les équipements sportifs situés dans le parc du lycée Michelet à Vanves. Dans la lignée de leur expertise en ouvrages d’art et passerelles, ils proposent pour les terrains en extérieur une halle à la portée impressionnante. La légèreté offerte par la membrane ETFE a permis la réalisation d’une charpente particulièrement élégante. Cette nappe en apparence uniforme est le fruit d’une ingénierie complexe entre hiérarchisation structurelle, régularité visuelle et étanchéité expérimentale.

  • « Il faut ramener la question de l’économie de l’architecture à celle de la valeur »

    Entretien avec Brice Piechaczyk, architecte et ingénieur, fondateur et associé de enia architectes.
    Propos recueillis par Lorenzo Diez

    L’agence enia architectes a été créée en 2003 par Mathieu Chazelle, Simon Pallubicki et Brice Piechaczyk, architectes issus de formations pluridisciplinaires et enseignants. L’agence compte aujourd’hui une soixantaine de collaborateurs en France et une quinzaine en Inde, où l’agence s’est installée en 2015. Sa production est singulièrement diversifiée : des infrastructures de transport au logement, des sites industriels majeurs aux bâtiments culturels, des bâtiments universitaires aux bureaux, ces grands écarts apparents traduisent une quête énergique du mode de contribution de l’architecte, de son rôle dans la fabrique de la cité.