par Étienne Helmer, enseignant-chercheur, université de Porto Rico, département de Philosophie
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Dans son article « Distinguer la valeur économique de l’architecture » (d’a n° 304), Lorenzo Diez rappelle les liens étroits qui unissent dès l’origine l’architecture et l’économie, l’étymologie grecque de ce dernier terme – oikonomia – renvoyant à l’administration de la maison. Mais sous quelle forme exactement la dimension architecturale de la maison intervient-elle dans la pensée économique de la Grèce antique ?
L’économie n’a pas toujours désigné ce qu’elle est pour nous aujourd’hui, à savoir l’ensemble des activités créatrices de valeur ou de richesse, ainsi que la recherche des moyens les plus réduits en vue d’aboutir à une telle création, soit la maximisation collective dans l’emploi de ressources jugées limitées. Il fut un temps, à l’époque de la Grèce classique et hellénistique, où « l’économie » comme concept global n’existait pas, et où ce que nous appelons de ce nom était dispersé entre différentes pratiques et institutions tournées vers la satisfaction des nécessités matérielles. C’est à cette époque qu’apparaît l’oikonomia – et la réflexion théorique qui l’accompagne. L’oikonomia, dont dérive notre mot « économie », désigne l’agencement ou la mise en ordre de différentes unités sociales et matérielles locales : une cité, une région, une maison, sans que l’on sache en toute certitude à laquelle de ces unités le terme fut appliqué en premier. Certes, la recherche d’un gain matériel sonnant et trébuchant n’est pas totalement étrangère à la mentalité grecque, et plus largement ancienne, mais elle relève plutôt des activités marchandes et commerciales.(...)$##$Ce qui est sûr, c’est que l’oikonomia (...)
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