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Démolir 175 000 logements pour en reconstruire 223 000 en vingt ans, c’est le pari qu’ont fait l’ANRU et ses partenaires – élus locaux, techniciens, urbanistes – pour sortir la France du « malaise des banlieues ». Ciblant les grands ensembles construits entre 1957 et 1976, qui représentent plus de 90 % des démolitions, cette entreprise d’effacement de l’histoire de la reconstruction et du patrimoine social moderne, menée au nom de la mixité sociale par la diversification de l’habitat, a montré ses limites, aussi bien sur le plan social qu’en termes de coûts financiers et environnementaux. En a-t-on fini pour autant ? Un tour de France de quelques projets de renouvellement urbain montre que de nombreux logements sont encore menacés de disparition. Les récentes mobilisations des habitants de ces quartiers en sursis, à l’occasion des 20 ans de l’ANRU, nous incitent à en reconnaître la valeur et à changer de logiciel. Le temps est venu de sortir du système de démolition-reconstruction pour exploiter l’extraordinaire potentiel de transformation et d’adaptation au réchauffement climatique de ces grands ensembles.

Sommaire : 


20 ans d'ANRU, les limites d'un système

Changer l’objectif : de la mixité sociale par la démolition à la transition écologique des quartiers
Entretien avec Renaud Epstein, professeur de sociologie

Changer le regard : patrimoines à haut potentiel de transformation

Patrimoines en danger : état de lieux
par Isabel Concheiro

En finir avec la doctrine de démolition-reconstruction
par Pierre Chabard

Faire revenir le renouvellement urbain dans le droit commun de l’urbanisme
par Maxime Vicens, de l’association Alarm Club

Entretien avec Anne-Claire Mialot, directrice générale de l'ANRU