Copyright : ©Josef KOUDELKA
Pendant près de trois décennies, Koudelka, transfuge de l’ex-Tchécoslovaquie, a photographié les ruines d’environ deux cents sites grecs ou romains, dans vingt et un pays du bassin méditerranéen. Ses panoramiques en noir et plan, comme son entreprise, sont sans pareils. Si ces images réveillent les méditations sur les ruines qui ont formé et forgé l’esthétique européenne, leur tactilité en transcrit la matérialité. La Bibliothèque nationale de France leur consacrera une exposition, si tôt que possible.

Certaines photos donnent une image de l’histoire. Après que les paras et les chars soviétiques eurent envahi la Tchécoslovaquie et mis un brutal coup d’arrêt à ce qui fut appelé le printemps de Prague, Josef Koudelka, alors trentenaire, grimpe sur un échafaudage, demande à un homme de tendre le bras afin de placer son bracelet-montre en premier plan au-dessus d’une artère déserte. Il était 12 h 20, ce 21 août 1968. Son cliché, largement diffusé, primé mais resté anonyme, immortalise un moment crucial. Exilé depuis, Koudelka se fera reconnaître plus tard par son usage de formats panoramiques, d’abord obtenus par découpage avant de résulter de l’emploi d’appareils adéquats.

Ceux qui rendent compte de sa fréquentation méditative des ruines antiques $##$ des pourtours médite (...)

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