Copyright : ©Ludmilla Cerveny

Maîtres d'ouvrages : investisseur
Maîtres d'oeuvres :
Gens, architectes ; APL, BE datacenter ; TRIGO, BE structure
Surface SHON :
2 427 m2
Date de livraison :
2020

Jouant avec la topographie du site pour exprimer le statut à la fois secret et territorial du programme, les architectes travaillent les articulations et la variété des séquences spatiales comme autant de vecteurs d’ambiances intérieures.

 

Le programme est réparti en deux bâtiments indépendants mais reliés par un vide. Semi-enterrés, ils sont inscrits dans la pente naturelle du site. De plain-pied, le premier épouse le contour irrégulier de la limite de propriété, émergeant de 1,50 mètre par rapport au domaine public. Recouvert de gazon, il abrite des espaces de travail. Calé à la même altitude, le second renferme l’administration du data center – au niveau haut – et les espaces techniques ainsi que les baies informatiques – au niveau bas. Encaissée entre les deux bâtiments, une cour à ciel ouvert forme une douve servant de stationnement et de plateforme d’accès aux usagers et aux clients. « Le data center est un paradigme du monde contemporain : il incarne la contradiction apparente entre la dématérialisation numérique et les structures physiques qui la rendent possible. Plus pragmatiquement, c’est aussi le lieu de la plus extrême exigence sécuritaire. Enfoncée dans le terrain en pente, la structure de béton de 100 mètres de longueur est furtive, mutique même, car l’information est dedans, secrète. Pour accéder à son intérieur protégé, il faut passer par un tunnel métallique qui la traverse de part en part, herse contemporaine », expliquent les architectes.

Construits en mur pré-coffré béton laissé brut, pour des raisons d’économie et de rapidité de mise en œuvre, les deux édifices sont accessibles depuis l’extérieur par une cour minérale commune, précédant leur accès protégé : une galerie parée de caillebotis sur ses quatre faces, qui les traverse de part en part et débouche sur le grand paysage. À l’issue de ce passage symbolique et expérientiel, sont aménagés les bureaux individuels du data center qui sont comme le revers du tunnel métallique, toutes tripes dehors. Cloisonnés et dans le prolongement de la maille du caillebotis, ils sont traversants et séparés du couloir de distribution par une paroi de verre doublée de stores à lamelles verticales permettant d’ajuster l’intimité.

Deux exceptions à ce principe structurant : la salle de réunion, que l’on peut visuellement relier au tunnel d’accès par l’ouverture d’un grand pan coulissant de caillebotis, et le bureau du chef à l’angle du bâtiment qui bénéficie d’une grande baie en plus du mur-rideau pour surveiller le paysage.

« L’atmosphère des bureaux est volontairement calme pour ne pas dire en creux. Seule la présence stridente du caillebotis et celle des réseaux techniques dénotent sur un fond blanchâtre de catalogue : dalles caoutchouc sur sol technique, peinture des parois et des portes, flocage acoustique au plafond, stores à lamelles : la mise en scène spectaculaire, presque violente, de l’exigence sécuritaire du site sur ce fond vaguement vintage », concluent les concepteurs.

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