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Maîtres d'ouvrages : Enfants Riches Déprimés

Maîtres d'oeuvres : Didier Fiúza Faustino
Surface SHON :
45 m2
Date de livraison :
2019

À mille lieues des ambiances chaleureuses censées favoriser l’achat, Enfants Riches Déprimés a demandé à Didier Fiúza Faustino d’imaginer sa première boutique dans le quartier du Marais à Paris. Le choix des matériaux traduit l’univers volontairement glacial défendu par la marque subversive.

 

Fondée à Los Angeles, Enfants Riches Déprimés naît en 2012 sous l’impulsion de Henry Alexander Levy, un riche américain d’une vingtaine d’années qui trompe son ennui en créant une maison de couture au nom volontairement iconoclaste, en français dans le texte. Le succès est immédiat, forgé par une jeunesse dorée capable de débourser 595 dollars pour un tee-shirt. Les vêtements étaient jusqu’à présent distribués dans les concept stores les plus courus, mais ERD a choisi Paris pour ouvrir sa première boutique. Elle a fait appel à Didier Fiúza Faustino, l’homme de la situation, pour mettre au point un concept architectural capable d’exprimer la subversion, fonds de commerce de la marque. Située dans le quartier du Haut Marais, en vitrine sur la rue Charlot, la boutique joue sur le contraste entre l’image convenue d’une façade haussmannienne en pierre et l’univers volontairement glacial mis en scène par l’architecte. « C’est une zone grise contenue, un boudoir géométrique, des limbes chirurgicaux. L’espace a été conçu comme une scène faite de métal et de pierre pour enfermer l’expérience du désir », résume Didier Fiúza Faustino.

« Je veux que les gens se sentent aussi mal à l’aise que possible », avait prévenu le créateur de la marque dont les vêtements affirment « porter un regard sur les pulsions tordues de la condition humaine ». Le ton est donné. De taille modeste, les lieux s’organisent sur 45 m2 répartis entre le rez-de-chaussée et le sous-sol. Entre bunker et coffre-fort, dans un jeu de pleins et de vides, les deux matériaux principalement mis en œuvre accentuent l’effet recherché : des plaques d’acier inoxydable et de marbre gris. Ils se déclinent au sol (marbre), dans l’escalier, en habillage des parois verticales et des présentoirs. Les arêtes sont franches, et les jonctions acier-marbre, parfaitement exécutées. Pour contrebalancer ces deux matériaux, au sous-sol, une moquette en laine et un canapé signé Pierre Paulin ont été choisis dans un jaune verdâtre.

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