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Il y a un siècle, Siegfried Giedion définissait l’architecture française à l’aide de l’opposition entre culture d’ingénieurs et système Beaux-Arts. Si elle fut utile à l’éclosion du mouvement moderne, elle n’est plus opératoire aujourd’hui. Et peut-on encore opposer l’ossaturisme d’Auguste Perret au purisme de Le Corbusier ? À partir des années 1950, la production française est traversée par de multiples inspirations européennes, américaines et japonaises ensuite. Sous le joug des principes productifs et normatifs qui uniformisent désormais la commande tant publique que privée, le paysage des pratiques architecturales en France reste néanmoins d’une grande hétérogénéité, comme s’il était ouvert à toutes les influences. typologie est d’autant plus difficile que les architectes français, à la différence de certains de leurs confrères européens, ne théorisent pas plus aujourd’hui qu’il y a vingt-cinq ans. Nombre d’entre eux enseignent, mais ils n’ont pas fondé d’enseignement qui fasse école, comme l’UNO de l’École de Belleville ou les typo-morphologues de l’École de Versailles dans les années 1980. Faut-il voir dans cette absence un héritage de la tradition anti-intellectuelle des Beaux-Arts ? Certes, tous y vont de leurs manifestes, mais ceux-ci se résument généralement à un discours consensuel sur le bien-construire, la nécessité d’une démarche respectueuse de l’environnement et l’attention portée aux usages. Ce discours interchangeable s’applique à des pratiques parfois complètement opposées.



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