Fin de l’été, dernières vagues de chaleur. Nous sillonnons les Baronnies de Provence. Virages à droite, le cours bleu turquoise de Eygues à gauche, parois escarpées de tous les côtés. Après avoir traversé la France en TGV, défile un paysage de moyenne montagne que je ne regarde pas vraiment. Nous débattons chaudement, avec quelques journalistes et les architectes de l’atelier PNG : la critique architecturale doit-elle être politique ? L’architecture peut-elle l’être vraiment ? Existe-t-il plusieurs manières d’être écologique ?
De la gare de Lyon à Ventavon, nous sommesarrivésà 680 mètres d’altitude. Des génoises coiffent des maisons entremêlées. Des volets « bleu charrette » habillent des crépis pastel. Des voitures encombrent les ruelles.L’œil du critique, ni vraiment complaisant, ni tout à fait hostile, est un spécialiste de l’analyse. Cependant, deux heures dans cette école suffiront-elles à battre en brèche nos critères d’évaluation, élaborés dans des paysages métropolitains, et à nous déprendre de trop de certitudes et de condescendance ?