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  • 2 exæquos pour le Concours Eiffel 2023

    Le jury du concours Mutatis, mutandis. Un bâtiment, plusieurs vies, ouvert aux étudiants en architecture a cette année récompensé deux premiers prix exæquo. A partir d’un immeuble de bureaux désaffecté de 8 266 m2 situé à Bagneux, les étudiants devaient proposer une reconversion transformation dont les enjeux étaient autant patrimoniaux que environnementaux : conserver autant que possible, retisser des liens avec le quartier, rendre les bâtiment flexibles et mutables pour une multitude d’usages.

    Les deux équipes  exæquos sont: Pour être pertinent demain, réinventons l’ordinaire des étudiants en Master 2 de l’ENSA Strasbourg Alexis Craveur & Louis Roset  et Optim(a)um de Clément TAULELLE, étudiant en Master 1 à l'ENSA Paris Val de Seine (image ci-contre).

    Une mention spéciale a été donné à Clément Briquet un très jeune étudiant de l’École nationale d'architecture de Clermont-Ferrand pour son projet Édifices Turritupsis.

    Ce concours, créé il y a 15 ans, est organisé par Fondation Société de la tour Eiffel en partenariat avec fondation Excellence SMA et le soutien de Studio Base 2, le leader des technologies et services open BIM.

  • À chacun son élément - Concours pour le pôle culturel du Grand Cognac

    Enfin un concours d’équipement culturel intercommunal où n’ont pas été invités les quelques architectes français qui semblent « abonnés » à ce type de programme ! Ici pas d’objets messianiques, mais des propositions qui semblent engendrées spontanément par la complexité du site…

  • Aglaia Konrad, des images agissantes

    Aglaia Konrad, née en 1960 à Salzbourg, est une photographe qui se consacre entièrement à l’architecture et à l’urbanisme. Son œuvre photographique pourrait largement se suffire à elle-même. Mais Aglaia Konrad ne se définit pas seulement comme une photographe d’architecture, elle s’impose aussi comme une architecte de la photographie. En créant des dispositifs d’exposition dans lesquels ses images sont mises en jeu en fonction des espaces, des contextes et des situations spécifiques qui les accueillent, elle renouvelle le champ de la photographie d’architecture et de sa monstration.

  • Belleville : de la pédagogie à Frédéric Pajak, un certain manifeste du dessin

    Chaque automne, l’ENSA-PB expose les productions du « voyage de dessin », réalisées sur le motif par des étudiants au printemps dans un pays d’Europe. En 2022, une monographie d’une des figures de l’école est publiée aux Cahiers dessinés, maison d’édition de Frédéric Pajak. Deux témoignages d’une pratique du dessin comme langage vivant.

  • Considérer l’existant : plus de matière grise pour moins de matière première

    par Christine Leconte, architecte, présidente du Conseil national de l’Ordre des architectes
     

    Le projet développé dans le bassin minier est un exemple pour de nombreux autres territoires et pour d’autres types de situation que nous rencontrons aujourd’hui en France. Son processus est exemplaire car il est porté par une chaîne d’acteurs et de valeurs sur les questions architecturales, patrimoniales et écologiques dont la réussite bénéficie in fine au territoire et à ses habitants. Il faut en tirer des conséquences en dehors du seul cercle des acteurs du patrimoine et des bailleurs sociaux engagés, pour montrer que la réhabilitation et la transformation des ensembles urbains hérités des XIXe et XXe siècles sont possibles, plutôt que leur démolition. Cette attitude engage un vrai changement de logiciel dans nos pratiques quotidiennes et usuelles de l’acte de bâtir.

  • De l’archipel noir à l’archipel vert

    par Jean-Louis Subileau, urbaniste, aménageur, directeur général délégué d’Euralille de 1998 à 2010 et animateur du cercle de qualité Euralens
     

    Venant de Lille, où je dirigeais encore Euralille, le bassin minier m’a frappé par le caractère très spécifique de la trame urbaine et la force de son paysage, qui nécessitaient de changer de regard et de ne pas apporter de réponses toutes faites. Tout ce que j’avais connu ne fonctionnait pas ; il fallait regarder, écouter, inventer pour faire émerger le projet. Dès 2008, je suis intervenu à la demande de Daniel Percheron, président de la région Nord-Pas-de-Calais, alors que le Louvre allait être construit et que Jean-François Caron et la Mission pour le bassin minier préparaient le dossier de candidature pour l’inscription au patrimoine mondial de l’Unesco.

  • Des « morts-terrains » aux « sols vivants »

    par Lucas Monsaigeon
     

    Le territoire du Bassin minier a été façonné par l’irruption brutale de la révolution industrielle : une véritable révolution culturelle, qui a bouleversé les espaces urbains et ruraux préexistants, mais qui a aussi inventé de nouvelles formes d’habiter, à l’origine de l’espace architectural et urbanistique moderne. Laboratoire de l’habitat au cours du temps, des corons aux cités modernes, en passant par les cité-jardins1 et les cités pavillonnaires, l’enjeu du renouveau du Bassin minier consiste aujourd’hui à renouer avec cette dimension d’innovation et d’invention qui en fut longtemps la marque de fabrique en matière d’architecture, d’économie, de sociabilité et de culture.

  • Du régionalisme tempéré - Base Force 06, Levens, Alpes Maritimes

    Maîtrise d’ouvrage : département des Alpes-Maritimes

    Maîtrise d’œuvre : Atelier Combas architectes mandataires ; Atelier ACTM architectes associés

    Programme : Base Force 06

    BET : Ingénierie 84, structures

    Entreprises : ABB, gros œuvre, charpente, menuiseries ; Clibat, aménagement Intérieur :

    Surfaces : surface utile, 650 m2 ; surfaces extérieures, 950 m2

    Coût : 2,18 millions d’euros HT

    Calendrier : concours, octobre 2016 ; AVP : janvier 2017 ; PC : mars 2017 ; travaux : février 2019 ; livraison, octobre 2021

  • Efficacité et matière : sélection 2023 de solutions acoustiques

    Depuis le dernier guide sur l’absorption acoustique publié au début de la pandémie en mars 2020 (voir d’a n° 278) il y a trois ans et demi, les invariants réglementaires en matière de réglementation de protection passive contre l’incendie n’ont pas (encore) changé. La réglementation acoustique est stable. Et pourtant, le marché est en pleine effervescence en raison de l’impact climatique du recours aux biosourcés mais aussi aux produits recyclés. Le bois est très présent mais la réglementation incendie limite le recours aux isolants biosourcés. Le recyclé est tendance mais encore faut-il savoir de quoi il s’agit au juste, et préparer une nouvelle vie qui soit du réemploi plutôt qu’un recyclage infini… ment coûteux en énergie.

  • FACES - Du brutalisme tempéré

    Après une phase consacrée au travail en agence, à l’enseignement, ainsi qu’à la maturation de projets à caractère expérimental, l’agence parisienne FACES créée en 2012 s’est consacrée depuis lors à de nombreuses opérations de logement social. Elle vient de livrer à Nantes coup sur coup trois importants projets. Dans deux d’entre eux, le couple que forment Marceau Lépinay et Perrine Belin y affronte la question de l’intervention sur l’existant en milieu prédéterminé, en faveur d’un habitat généreux, en dépit de budgets restreints, et accessible à tous.

  • Invariants - Entretien avec Bernard Quirot, BQ+A

    Bernard Quirot m’attend à la gare de Besançon pour une virée à travers une partie de son œuvre disséminé dans la campagne franc-comtoise. Je monte dans sa voiture et nous voilà partis pour un capricieux périple dans le temps. Arrêtons-nous d’abord dans les années 2004-2007 pour arpenter les volumes colorés mais très clairement articulés d’un groupe scolaire et d’une salle polyvalente qui s’étendent autour du monument aux morts de la commune de Beure. Puis remontons en 1992, au lycée Claude-Nicolas-Ledoux : un porte-avions néomoderne flottant imperturbablement sur une grande vague engazonnée. Croisons l’école néorationaliste de Vieilley (2003), surmontée de son étonnant baldaquin ouvert sur les contreforts du Jura. Enfin, plongeons dans la matérialité brute des trois maisons de Grachaux – en bois (2001), en béton (2012) et en pierre (2019) – avant de retrouver à Pesmes, le village natal de l’architecte, le classicisme vernaculaire de l’accueil périscolaire (2013), son agence et son habitation, où l’entretien doit avoir lieu.

  • La « treille minière », une source de projets

    par Raphaël Alessandri, architecte urbaniste, directeur d'études à la Mission Bassin Minier

    Le territoire du nord de la France a été façonné pour et par l’exploitation de son sous-sol. Cette exploitation du charbon a débuté en 1720 à Fresnes-sur-Escaut près de la frontière Belge, puis elle s’est poursuivie progressivement vers l’ouest en suivant les accélérations dues aux innovations de la révolution industrielle au milieu du XIXe siècle. Cette vague a transformé en profondeur un territoire qui était essentiellement rural.

  • Le Bassin minier du Nord-Pas de calais : l’héritage comme ressource

    Le Bassin minier du Nord et du Pas-de-Calais est un territoire façonné par deux siècles d’extraction intensive du charbon. En 2012, il a été inscrit sur la Liste du Patrimoine mondial en tant que « paysage culturel, évolutif et vivant ». Plus de dix ans après, d’architectures revient sur les enjeux et perspectives de cette patrimonialisation. Il est le fruit d’une recherche conduite par le laboratoire IPRAUS de l’ENSA Paris-Belleville et l’Atelier d’Architecture Philippe Prost, grâce au mécénat à la recherche en architecture de la Caisse des Dépôts et avec l’appui de la Mission Bassin Minier. Elle s’est conclue par une journée d’étude et de débats en 2022 à la Cité de l’architecture et du patrimoine, dont ce dossier reprend les principales contributions.

  • Le design situé de Nicolas Verschaeve

    Diplômé en 2017 de l’École nationale supérieure des arts décoratifs (EnsAD) de Paris, le designer Nicolas Verschaeve vient tout juste d’établir son bureau à Bruxelles, où il est né en 1995. Mais c’est sur le terrain qu’il aime pratiquer un design par le faire, au plus près de la matière et de ceux qui la transforment. À bord de son atelier mobile baptisé Escales, Nicolas Verschaeve sillonne les territoires français et revendique un design engagé, pratiqué avec une économie de moyens. Pour chacun de ses projets situés, le designer pose un regard attentif sur le contexte culturel, historique et économique du lieu. Fort de ses observations, le projet se dessine peu à peu en collaboration avec les artisans et les industriels qui partagent leurs pratiques. Dans ce travail situé géographiquement, Nicolas Verschaeve détourne les processus de production existants vers de nouvelles applications, révèle des savoir-faire, fait émerger les singularités des territoires. Un slow design dans l’air du temps.


  • Le renouveau du pin d'Alep - Extension du tennis club et création d'une salle polyvalente, Coudoux (13)

    Maître d’ouvrage : mairie de Coudoux

    Maîtrise d’œuvre : Atelier Régis Roudil Architectes, Amélie Artur cheffe de projet

    BET : i2c, structure ; PLB, fluides ; B2C, économiste

    Entreprises : ALP Construction, Provencale Pmg, Exe Bois, Entreprises Noel Séries, menuiserie Bouze

    Misson : mission complète + OPC, architecte mandataire

    Surface : 165 m2 SDP

    Coût : 512 000 euros HT

    Calendrier : études, mai 2020 ; livraison, juin 2023

  • Le territoire comme paysage évolutif et vivant. Le futur du patrimoine.

    par Francesco Bandarin, architecte-urbaniste, ancien directeur du Centre du patrimoine mondial de l’Unesco, conseiller spécial du directeur général de l’ICCROM.

    Parmi tous les sites inscrits au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco, le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais est exceptionnel à plusieurs points de vue. D’abord, parce que peu ont une telle envergure territoriale. Ensuite, en raison de la diversité des objets qu’on y trouve : des installations minières industrielles, des terrils, mais aussi toute la variété et la richesse de ses architectures, notamment des ensembles de logements ouvriers sociaux : c’est un catalogue incroyable de ce que la modernité a pu concevoir en la matière. C’est enfin un site chargé d’histoire, avec ses éléments de « paysage culturel » empreints d’authenticité.

  • Little big architecture - Troquet, Quesnoy-sur-Deûle, Nord

    Maître d’ouvrage : Ville de Quesnoy-sur-Deûle

    Maîtres d’œuvre : Hart Berteloot Atelier Architecture Territoire (HBAAT) / Cabinet Becquart, BET TCE / Alice Hallynck, artiste, paysagiste

    Programme : estaminet avec bar, cuisine, sanitaires et salle de vie 

    Surfaces : 80 m2 

    Coût : 250 000 d’euros HT

    Livraison : printemps 2023

  • Mitoyennetés domestiques - 106 logements sociaux, commerces et parking, Pantin

    Maître d’ouvrage : SEMIP pour ICF La Sablière

    Maître d’œuvre : Jean et Aline Harari, architectes ; Sulian Clément-Guillotin, chef de projet ; STUDETECH, BET TCE ; Tribu, BET environnemental

    Entreprises : SCPE, entreprise générale ; OGIM, étanchéité ; ENG, électricité

    Programme : 106 logements sociaux, 5 commerces, un parking résidentiel de 57 places, un parking public de 120 places

    Surfaces : 6 756 m2 (surface habitable des logements), 781 m2 (surface utile des commerces)

    Coût des travaux : 16,8 millions d’euros HT

    Coût logement et parking résidentiel : 2 390 euros HT/m2 SHAB

  • Quelle importance accorder au programme ? [suite]

    C’est avec deux architectes aux pratiques forts différentes, Laurent Beaudouin et Marie-José Barthélémy, que nous poursuivons notre enquête sur la façon d’écrire ou de réinterroger un programme architectural. Avec le premier, nous abordons le cas de la commande publique culturelle standard ; avec la seconde, nous verrons comment le travail de projet sur les tiers-lieux oblige à remettre en question la programmation conventionnelle.

  • Reconnaître l’architecture dans l’ordinaire des situations post-anthropocène

    par Béatrice Mariolle, docteure en architecture, professeure d’architecture à l’École nationale supérieure d’architecture et de paysage de Lille et codirectrice de l’agence Bres+Mariolle et associés

    Chaque année, une cité minière nous accueille, mes étudiants de l’ENSAP de Lille et moi-même. Nous passons beaucoup de temps sur le site à la rencontre des acteurs politiques et techniques, mais surtout associatifs et citoyens. Cette approche est guidée par la nécessité de former des architectes de terrain, architectes du quotidien, capables de dialoguer et de saisir les situations présentes, de considérer un patrimoine ordinaire habité par des familles en grande précarité et de proposer des projets réalisables dans un cadre d’économie faible. L’adaptation énergétique devient une occasion d’inventer et d’expérimenter, au-delà des normes et des cadres technologiques.