par Jean-François Caron, président de l’Association des biens français Patrimoine mondial en France et maire de Loos-en-Gohelle
Le bassin minier est le symbole même du processus de patrimonialisation aujourd’hui, mais ce mouvement est d’abord né d’une difficulté à effectuer un travail de deuil après la fin de l’activité industrielle minière. Je suis issu d’une ville qui est un laboratoire de la transition grandeur nature, et il m’apparaît de plus en plus évident que les questions de patrimoine et de transition sont puissamment imbriquées. La transition engendre des insécurités majeures et interroge nos imaginaires. Nous tournons progressivement le dos à tout ce qui nous a fondés pour passer à un autre monde. C’est une autre forme de développement, par nature insécurisante et déstabilisante, de nos constructions humaines individuelles, intimes et collectives. Et cela engendre un certain nombre de résistances au changement.