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  • NP2F : L’architecture sans ombre

    NP2F : non, ce n’est pas une énième équipe belge qui se cache derrière cet acronyme qui peut rappeler 51N4E et autres DVVT, mais quatre jeunes français du Midi qui, à travers associations, petits projets et grands concours, commencent à trouver leur place sur le devant de la scène hexagonale.
  • Penser météore

    Les météores sont, d’après la physique aristotélicienne, des phénomènes singuliers suspendus μετεωρσς, « qui est en haut ») entre la surface du sol et la limite inférieure des espaces célestes. Dans la science météorologique actuelle, ils sont définis comme les phénomènes atmosphériques directement perceptibles autres que les nuages. C’est dans un sens large que j’entendrai ce terme : posons le météore, qui au cours de son histoire a toujours été rebelle à la classification, comme un mode de penser, une invitation à interroger les frontières, quelles qu’elles soient.
  • Prises de vue – Un paradigme pour l’observation du paysage

    « Le potentiel critique et herméneutique de l’activité accomplie par l’Observatoire réside […] dans ce choix audacieux qui implique une prise de position et un crédo : à la lumière de ces paysages qui ne veulent pas “entrer” dans la norme et qui dérangent, puisque ni totalement du côté du désordre (la nature sauvage, les plis géologiques, les blocs erratiques), ni entièrement du côté de l’ordre (l’urbanisation totale, la trame territoriale), force est de constater que ce qui prime et ce qui s’impose sur le plan du paysage aujourd’hui est justement cette réalité entre-les-deux », écrit Michael Jakob, professeur de littérature comparée à l’Université de Grenoble. Il enseigne également la théorie et l’histoire du paysage à l’HEPIA Genève et à l’EPFL. Il est aujourd’hui une figure majeure de la théorie du paysage, et son petit livre Le Paysage paru en 2008 chez Infolio est un des meilleurs et des plus accessibles ouvrages sur une question qui, comme il l’écrit « ne va pas de soi » : observer le paysage. Le CAUE 74 a eu l’excellente idée de lui confier un ouvrage collectif construit autour de la campagne menée par le photographe Sylvain Duffard depuis 2012 pour l’Observatoire photographique des paysages hauts-savoyards. S’il est difficile de résumer ici la diversité et la pertinence des approches, on se contentera de dire que l’intérêt de l’ouvrage repose, tout en se limitant à la limite géographique imposée, sur sa capacité à porter une réflexion universelle sur l’acte de regarder le paysage, une question qui, plus que tout autre, est peut-être la plus essentielle et s’impose d’emblée naturellement à nous lorsqu’il s’agit de concevoir l’architecture.

    Signalons également de Michael Jakob L’arrière-paysage, des origines technologiques du paysage, que publient simultanément les éditions B2. Un essai moins accessible mais tout aussi stimulant qui s’attache davantage à la théorie du paysage à travers une réflexion qui, des technologies de la représentation à celles liées au point de vue (au positionnement du regardant), aboutie à une réflexion sur la construction du regard.

     

    Prises de vue – Un paradigme pour l’observation du paysage, Michael Jakob, photographies de Sylvain Duffard, Metis Presses, 22 × 22 cm, 192 p., 32 euros.


    L’arrière-paysage, Michael Jakob, Éditions B2, 10 x 15 cm, 112 p., 12 euros.

  • Qu’est-ce que l’architecture météorologique ?

    L’architecture est l’art de construire des climats.

    L’objet de l’architecture, c’est l’espace, celui qui est soustrait à l’espace général de l’atmosphère terrestre, que l’on va contenir entre quatre murs, un plancher et un plafond, car seulement ainsi, seulement en confinant un certain volume d’air, on va pouvoir modifier les caractéristiques physiques de l’air (température, hygrométrie, vitesse, nature des gaz) et de la lumière (lumière visible, infrarouges, rayonnement ionisant et non ionisant) dans le but de rendre cet espace habitable pour l’homme, quand tout autour l’espace naturel est trop chaud ou trop froid, pluvieux ou neigeux, trop humide, trop ensoleillé ou trop sombre, c’est-à-dire inhabitable.

  • Renée Gailhoustet Une poétique du logement

    Référence en matière de logement social, l’œuvre de Renée Gailhoustet reste trop méconnue. Palliant à ce manque de reconnaissance, Bénédicte Chaljub livre un captivant récit du parcours de l’architecte née en 1929. La collection Carnets d’architectes, qui donne toujours la part belle à l’iconographie, dresse le portrait d’architectes du XXe siècle souvent méconnus en dépit de leur talent. Elle présente pour la première fois le travail d’une femme. La place accordée aux images, aux plans et aux coupes permet de révéler l’inébranlable engagement pour l’innovation architecturale de celle qui avait choisi de vivre dans les réalisations de logement social qu’elle concevait.

     

    Renée Gailhoustet Une poétique du logement, Bénédicte Chaljub, Éditions du Patrimoine – Centre des monuments nationaux, 16,5 x 21 cm, 176 p., 25 euros.

  • Thermodynamics : le changement climatique à la Graduate School of Design (Harvard University)

    Né en 1956, Iñaki Ábalos est un architecte espagnol dont la pratique (Ábalos & Herreros) a été très tôt reconnue internationalement. Travaillant depuis 2008 au sein de Ábalos+Sentkiewicz, il est aussi un grand intellectuel qui participe au débat international sur l’architecture au sein des grandes universités, dans les magazines d’architecture ou en écrivant pour le quotidien El País. En 2013, il est appelé à diriger le département d’architecture de la prestigieuse université Harvard aux États-Unis, en proposant un nouvel agenda « thermodynamique », alliant qualité architecturale et enjeux climatiques, où forme et chaleur s’associent dans la définition de l’architecture. Sa direction a marqué un tournant écologique dans l’histoire de cette école, après la direction de Preston Scott Cohen, qui était plus orientée vers les technologies numériques et leur influence sur la forme architecturale. Dans l’article ci-dessous, Iñaki Ábalos raconte comment il a mis en place cette nouvelle approche climatique en architecture au sein de l’université.

    Introduction de Philippe Rahm

  • Voyage à Chandigarh

    Ils sont nombreux ces dernières années à avoir photographié le Chandigarh de Le Corbusier et Jeanneret cinquante ans après Lucien Hervé : Stéphane Couturier, Richard Pare, Emmanuelle Blanc, sans oublier les vidéos de Christian Barani réalisées pour la très belle exposition que lui avait consacré la Cité de l’architecture en 2015. Ce qu’ajoutent à cette série les magnifiques photographies de Manuel Bougot, c’est un art de magnifier l’architecture par ce que l’on cache en général dans les publications : comment les usages et le temps altèrent l’image idéale de l’œuvre fraîchement livrée. Le photographe ne cache rien ; au contraire, il montre que la vie célèbre ici modestement un art dont l’humanisme – tant décrié ces dernières années – transparaît dans la manière dont ses habitants s’approprient l’espace.

    Voyage à Chandigarh, Manuel Bougot, Éditions du Patrimoine – Centre des monuments historiques, 24 x 29 cm, 191 p., 42 euros.