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  • Schuiten et Peeters

    Le catalogue de l’exposition « Revoir Paris » (lire notre article p. 33) entremêle les dessins de Schuiten et ceux des projets de transformation de Paris imaginés par les architectes ou les ingénieurs depuis deux siècles. Passé et futur, réalité et fiction se confondent. Le propos passe ici clairement par l’image et il faut s’abandonner au plaisir de se laisser porter par les rêves de villes imaginaires. Pour prolonger l’expérience, Revoir Paris, le dernier album de Schuiten et Peeters, nous fait suivre le retour vers le futur de Kârinh, une jeune orpheline, dans un Paris d’hallucination où les visions d’Albert Robida croisent celles d’Auguste Perret.

    Enfin, pour les admirateurs de ce grand dessinateur qu’est Schuiten, la nouvelle édition du très bel ouvrage François Schuiten, l’horloger du rêve est un livre monographique sur son œuvre élargie à la peinture, à la scénographie et à toutes ses collaborations. Sa carrière, évoquée depuis son enfance avec son père architecte, la formation, les années héroïques à Métal hurlant jusqu’au succès des Cités obscures, permet de mieux comprendre la cohérence d’une œuvre à l’inépuisable puissance onirique.


     

    Revoir Paris, tome 1, Schuiten & Peeters, Casterman, 64 pages, 15 euros.

    Revoir Paris, l’exposition, Schuiten & Peeters, coéditions Cité de l'architecture & du patrimoine / éditions Norma, 240 pages, 38 euros.

    François Schuiten, l’horloger du rêve, par Thierry Bellefroid, Casterman, 400 pages, 45 euros.



    À lire dans d'a 232 : 2014. La sélection des livres de la rédaction

  • Superural. L’expérience de Simon Teyssou dans le Cantal

    Simon Teyssou vit et travaille au Rouget, une commune dans laquelle il occupe pleinement son rôle d’architecte « acteur public ». Très efficace et polyvalent – la cartographie de ses réalisations est éloquente –, il se distingue par une relation d’évidence et de facilité vis-à-vis du territoire. Sa manière d’agir dans la continuité du paysage, en grande proximité avec les élus et les habitants, et dans le long terme interroge fondamentalement la pratique du projet. (...)

  • Txema Salvans : attendre

    Comment montrer la prostitution sans voyeurisme ni vulgarité ? Le photographe catalan Txema Salvans (prononcer « tschema ») tente d’échapper à ce piège en abordant le fait social à partir du territoire. Depuis plusieurs années, il photographie les esclaves du sexe en donnant davantage d’importance au contexte qu’aux corps exposés.

  • Uchronies parisiennes

    A priori très différentes, les deux expositions inaugurées simultanément par la Cité de l’architecture résonnent ensemble d’échos inattendus lorsque sont convoqués la puissance de l’imagination, le rêve ou la foi dans le pouvoir du dessin. Le désir de reconsidérer le passé pour mieux se projeter dans l’avenir ne rapproche-t-il pas aussi Viollet-le-Duc de Peeters et Schuiten ? L’exposition « Revoir Paris » imaginée par les auteurs des Cités obscures n’a pas l’ambition scientifique de la première, mais en entretenant à dessein une confusion entre projet et fiction, en se tendant ses propres pièges, elle interroge d’une manière singulière notre rapport à la ville rêvée.

  • Une neutralité salutaire... 40 logements, Paris 17e

    Maître d’ouvrage : ICF Novedis
    Maître d’œuvre : LAN (architecte mandataire)
    Structure : Bollinger + Grohmann
    Consultant HQE : Agence Franck Boutté
    Fluides : LBE
    Économiste : J.-P. Tohier & Associés
    Surface : Shon, 3 700 m² ; SP, 2 900 m²
    Coût : 5,9 millions d’euros HT
    Calendrier : concours, 2010 ; livraison, 2014
  • Variations typologiques. 30 logements sociaux répartis en quatre lots, Paris 20e

    Maître d’ouvrage : Paris Habitat OPH
    Architecte mandataire : LAN Architecture
    TCE : LGX Ingénierie
    Consultant HQE : Agence Franck Boutté
    Programme : 30 logements sociaux, local d’activité, PMI, séparés en quatre lots
    SP : 2 242,5 m²
    Shon : 2 693 m²
    Coût: 5,9 millions d’euros HT
    Calendrier : concours, 2006 ; livraison, 2014
  • Viollet-le-Duc pour tous publics ?

    Guettées par la communauté scientifique, la Cité et la médiathèque de l’architecture et du patrimoine célèbrent dans les temps le bicentenaire de la naissance d’Eugène Viollet-le-Duc (1814-1879). Cette manifestation trouve naturellement sa place à Chaillot, lieu tangiblement imprégné de la pensée de l’architecte restaurateur, puisqu’il abrite cet héritier de l’ancien musée de Sculpture comparée, fondé en 1882, qu’est le musée des Monuments français. De même que l’École de Chaillot, ouverte en 1887 dans ce même cadre par son disciple Anatole de Baudot, pour la formation des architectes du patrimoine. Si l’esprit du maître, sinon le souffle, habite encore ces murs, que penser de cette nouvelle manifestation ?

  • Vitrail, Ve-XXIe siècle

    Ce volumineux ouvrage (4,5 kg !) propose un voyage au cœur du vitrail. Alors qu'aucune étude de synthèse n'avait été réalisée depuis 1958, une quinzaine de spécialistes renouvellent la connaissance de cet art en réalisant un reportage photographique inédit de plus de quatre cents illustrations. Depuis le haut Moyen Âge jusqu’à aujourd'hui, on peut désormais suivre l'histoire du vitrail dès ses origines, l'ouvrage faisant la part belle à la période médiévale et à l'ère industrielle des deux derniers siècles, sans oublier l'actuel renouveau.


     

    Vitrail, Ve-XXIe siècle, Michel Hérold et Véronique David (dir.), Éditions du Patrimoine, 592 pages, 150 euros, 2014.



    À lire dans d'a 232 : 2014. La sélection des livres de la rédaction

  • Vu depuis le Capitole ; Mathématiques de la villa idéale

    Quel plaisir de lire ces textes parus entre 1968 et 1982 par Denise Scott Brown et Robert Venturi, ensemble ou séparément, pour des revues d’architecture. À une époque où les positions étaient plus affirmées, les débats vigoureux entre théoriciens pouvaient s’épanouir avec panache. « Dégage ! » n’hésite pas à écrire Denise Scott Brown pour titrer sa réponse à Kenneth Frampton en 1970 dans Casabella. Mais le recueil de textes est aussi précieux pour l’essai de Robert Venturi, Le Capitole de Rome, étude de cas. Tiré de son mémoire de maîtrise, il est paru en 1953 dans The Architectural Review. Sa réédition offre aujourd’hui un élément clé pour comprendre toute son œuvre écrite et construite.

    On pourrait écrire la même chose pour Mathématiques de la villa idéale et autres textes, le recueil de texte de Colin Rowe (1920-1999), l’autre théoricien du postmodernisme avec son ouvrage Collage city(1978). Ces textes qui furent écrits entre 1947 et 1961 ne furent pour la plupart publiés que dans les années 1970, tant – nous dit Claude Massu – ils étaient jugés à contre courant de l’héroïsme moderne de l’après-guerre. Comme pour le livre des Scott Brown-Venturi, ce recueil reste un extraordinaire cours d’analyse architecturale. Un de ceux dont on se reprochera toujours de ne pas les relire assez souvent.



    Vu depuis le Capitole et autres textes, Denise Scott Brown, Robert Venturi, éditions Parenthèses, 256 pages, 18 euros.

    Mathématiques de la villa idéale et autres textes, Colin Rowe, textes traduits et présentés par Claude Massu, éditions Parenthèses, 16 euros.



    À lire dans d'a 232 : 2014. La sélection des livres de la rédaction