Copyright : © Nicolas Trouillard

Rénovée par La Nouvelle AOM, la tour Ariane conjugue rigueur technique et respect du dessin original pour répondre aux nouveaux standards énergétiques et d’usages sans renier son identité.

À La Défense, la tour Ariane fait figure d’ovni assumé. Livrée en 1975 par Jean de Mailly, elle fut la première s’implanter parallèlement à l’axe majeur. Sa façade singulière, marquée par des hublots enchâssés dans des boucliers d’aluminium, en faisait un objet graphique, presque brutaliste, dans la masse rationnelle du quartier d’affaires. Mais un demi-siècle plus tard, performances thermiques et usages n’étaient plus au rendez-vous.

NAOM ARIANE EXT3 Photographie Nicolas Trouillard BD© Nicolas Trouillard

En 2018, le nouveau propriétaire, BauMont Real Estate Capital, accompagné de Aquila Asset Management et l’AMO Redman, lance un concours restreint pour une réhabilitation ambitieuse. L’équipe lauréate menée par la Nouvelle AOM – déjà en charge du projet de transformation de la tour Montparnasse – propose une intervention fine : améliorer radicalement le confort et la performance de l’immeuble sans effacer sa personnalité.

L’exercice est contraint. L’établissement public Paris La Défense limite à 18 centimètres l’épaisseur admissible pour une rénovation par l’extérieur. Pas question d’intervenir depuis l’intérieur sans considérablement dégrader les conditions de travail des plateaux occupés. L’effort thermique se concentrera donc dans la fine épaisseur entre la façade de béton existante et le prospect limite. Le principe retenu repose sur une dépose complète des châssis et parements d’origine, puis sur la mise à nu du béton – désamianté, réparé, nettoyé – avant la mise en œuvre d’une peau de verre continue, tramée par des shadow boxes. Le vitrage choisi – feuilleté extra-clair avec couche Guardian Sun en face 4, isolant à l’argon – atteint une performance Ug de 1,0 W/m2.K. Les vitrages varient selon les efforts au vent demandés (44.2 ou 66.2), sans recours à des occultations extérieures : la densité des tours voisines suffit à limiter les apports solaires. Habituellement à proscrire, le vis-à-vis devient ici un atout. (...)

Pour lire l’article, commandez votre magazine sur notre boutique en ligne