Face à la crise du bâtiment et au réchauffement climatique, l’agence SAME explore les vertus oubliées du parpaing, entre régulation thermique passive, esthétique brute et hypothèse d’une façade alternative, accessible, poreuse et reproductible.

 

Le projet Faire Parpaing, présenté par SAME à la Biennale d’architecture et de paysage d’Île-de-France (BAP!) 2025 (voir notre dossier dans le no 325 de d’a, mai 2025), trouve son origine dans un échec budgétaire : celui d’un projet de logements collectifs en façade de blocs de terre comprimée dans un écoquartier. Trop lourds, trop coûteux, trop expérimentaux dans un contexte de crise aiguë du secteur de la construction, ces murs de terre ont finalement été écartés au terme d’une réunion de calage budgétaire. La maîtrise d’ouvrage tranche sur le ton de la boutade : « On ne peut plus se payer que du parpaing enduit. » Cette phrase, symptomatique d’un contexte où la promesse écologique se heurte à l’impératif de construire vite et à bas coût, devient le point de départ d’une recherche sur ce matériau ultra-standardisé. Plutôt que d’abandonner les ambitions architecturales à la première impasse budgétaire, les architectes de l’agence SAME décident de s’interroger sur cette contrainte : pourquoi le parpaing a-t-il aujourd’hui une si mauvaise image ? Et surtout, que peut-on en faire, non pas en dépit de la norme, mais à partir d’elle ? L’installation Faire Parpaing, conçue pour la Biennale d’architecture et de paysage 2025, développe cette hypothèse. Non pas défendre un matériau par défaut, mais l’observer pour ce qu’il est : un produit rationnel, industriel, omniprésent mais systématiquement masqué sous nos latitudes.  (...)

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