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Les prescripteurs ne peuvent encore que trop rarement convaincre seuls du bien-fondé d’une démarche de réemploi. Les accompagnateurs agissent pour une acculturation au réemploi de l’ensemble des acteurs de la construction et au-delà.

Rotor : nos voisins, ces pionniers

Rotor, une entreprise coopérative bruxelloise, est certainement l’un des précurseurs du réemploi au niveau européen. Créé en 2005, sous la forme d’une association, Rotor s’engage d’abord dans la conception de projets d’architecture et de design, en parallèle d’expositions et de publications à des fins de sensibilisation. La recherche est très présente dans leur démarche, et Rotor s’engage dès 2012 dans un recensement des revendeurs et des différents acteurs, sur la plateforme Opalis.eu grâce à des subventions locales. En 2017, le projet FCRBE, dans le cadre de l’interreg NWE étend ce travail aux Pays-Bas et à la France. Il permet aussi la rédaction de nombreux outils, notamment pour faciliter les audits (obligatoires en France mais sur base volontaire ailleurs en Europe), un vadémécum à destination des maitrises d’ouvrages pour intégrer le réemploi dans les marchés publics ou encore des guides pour les différents corps de métiers. Rotor rappelle En effet qu’une économie fondée sur le réemploi se doit de repenser la place et la valeur attribuée au savoir-faire et au travail manuel. A la question de l’industrialisation de cette filière, Victor Meesters indique que l’échelle est essentielle et qu’il faut « calibrer l’ambition du projet » en équilibrant la connaissance et le contexte, lorsqu’il le permet : des ressources en temps et économie d’une part et des acteurs motivés d’autre part. Ceux si doivent être prêts à conserver une souplesse dans la prescription et l’idée de la compléter avec des matériaux non linéaires, tels que les biosourcés. Le modulaire, selon lui, dépasse les freins propres au sur-mesure : phasage, pollution, fragilité, stockage, marchés et assurances … Aujourd’hui, Rotor s’engage donc dans des missions de conseil afin de rendre possible de telles opérations, et le Recypark, l’un de leur premier projet accompagné, est en cours de construction.   < rotordb.org >   Bellastock : des écoles à l’intérêt collectif En 2006, une association désireuse d’explorer les possibilités architecturales offertes par l’économie circulaire est fondée à l’ENSA de Belleville. Les étudiants des ENSA connaissent Bellastock pour leur festival d’architectures éphémères expérimentales qui se tient d’année en année sur des thèmes aussi variés que l’architecture gonflable, la construction en paille ou encore les palettes en bois. Autant d’utopies urbaines développées dans le souci de bâtir, habiter et finalement déconstruire. En 2012, le festival se tient sur l’Ile Saint Denis. Sur le thème du Grand Détournement, un partenariat avec Plaine Commune et le SYCTOM leur permet d’explorer les possibilités constructives à partir de déchets pré-triés tout en participant à la déconstruction et au curage des anciens entrepôts du Grand Magasin du Printemps. Satisfaits du résultat, Plaine Commune leur propose de tenir une permanence sur le même site. Cette opportunité donne naissance à la plateforme Actlab et à un laboratoire manifeste du réemploi : la Base Vie.    (...)$##$Les locaux de ces deux projets sont construits à 80% en matériaux de réemploi et/ou biosourcé. C (...)
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