À propos d'un article paru en décembre dernier dans Les Cahiers du Cinéma
« Le cinéma d'auteur sur une mauvaise pente ? » titrait cet hiver Les Cahiers du Cinéma. Cet avertissement pondéré par un point d'interrogation renvoie à un dossier écrit à plusieurs mains qui dénonce « Les dix tares du cinéma d'auteur ». Un avertissement qui pourrait bien nous concerner : les reproches adressés à certains films d'aujourd'hui semblent transposables à de nombreux bâtiments contemporains.
Les problèmes du cinéma d'auteur
d'aujourd'hui peuvent, selon les rédacteurs des Cahiers du
Cinéma, se résumer en dix points. Dix stations qui le conduiraient
inéluctablement vers une perte de substance. Prédominance du
« pitch », du dialogue filmé, de la maîtrise technique,
de l'esprit de sérieux, de l'absence d'image et de corps,
comme d'un certain cynisme, impliqueraient un cinéma stéréotypé
et désincarné. Des défauts qui peuvent paraître inhérents au
système de production du septième art, dont l'avance sur recettes
constitue la clé de voûte. Mais ce système de production
entretient par ailleurs de nombreuses correspondances avec la manière
dont l'architecture est financée et réalisée. Aussi est-il
tentant d'établir des parallèles et de chercher à voir si ces
reproches, à première vue très spécifiques, peuvent être
appliqués à notre domaine. (...)
« La plupart des constructions actuelles illustrent point par point le slogan qui les fait vendre, comme si elles se refusaient à exister pleinement, dans leur complexité, leur duplicité. »
« On ne construit plus, la réalisation tend à devenir une représentation du dessin et non l'inverse. »

