Pour ce qui devrait être sa dernière exposition au Centre Pompidou, Frédéric Migayrou, conservateur et directeur adjoint du Musée national d’art moderne, en charge de la création industrielle, retrouve un amour de jeunesse, l’architecte viennois Hans Hollein (1934-2014), dont il a largement contribué à diffuser le travail en France, notamment au FRAC Centre et lors de l’exposition « Architecture radicale » (2001). Il s’agit de la deuxième monographie consacrée à l’architecte au Centre, trente-huit ans après « Hans Hollein. Métaphores et métamorphoses » (1987). C’est aussi la dernière exposition d’architecture avant la fermeture du musée pour au moins cinq ans. Elle illustre combien la reconfiguration de la discipline architecturale envisagée par Hollein au milieu des années 1960 résonne encore avec nos préoccupations actuelles.
Face à la sobriété revendiquée par la scène architecturale actuelle, l’exposition des travaux – parfois bling-bling – d’Hollein pourrait paraître, au mieux, gentiment has been, au pire, totalement déconnectée. Pour autant, ici, c’est avant tout la démarche de projet qui importe, bien plus que les formes résultantes – palmiers en or, marbre et dorures, volcans ou temples de l’amour en carton-pâte. Hormis ses célèbres boutiques, la place anecdotique qu’accorde l’exposition à ses projets construits (Vulcania, le musée Abteiberg, la Haas Haus) en témoigne. À l’inverse de celle de 1987, celle-ci se concentre davantage sur ses jeunes années : des mégastructures fictionnelles qu’il conçoit avec Walter Pichler pour la galerie viennoise nächst St. Stephan (1962-1964) jusqu’à sa participation à la Strada Novissima (1980) de la première Biennale d’architecture de Venise, creuset du postmodernisme.
Stadtgebilde über Wien [Structures urbaines au-dessus de Vienne], 1960 © Centre Pompidou, MNAMM-CCI/Georges Meguerditchian/ Dist.GrandPalaisRmn
De circonstance avec le calendrier pascal, l’exposition s’articule en quatorze « stations », clin d’œil appuyé au chemin de Croix. (...)