Créée en 1975 mais réellement
internationale depuis 1980, la Biennale d'architecture de Venise
s'est imposée comme l'événement majeur de la scène
architecturale mondiale. Entre l'ancienne corderie de l'Arsenal
et les Giardini, le futur de l'architecture peut être révélé à
ceux qui en ont la clé.
Incontestablement, l'exposition
inaugurale de 1980 – « La présence du passé » avec sa
Strada novissima –, dirigée par Paolo Portoghesi, avait
médiatiquement lancé le postmodernisme. Depuis, chaque édition
semble vouloir répondre à cette injonction de rester comme un
moment déterminant de l'histoire de l'architecture. En se
baptisant « Next », la Biennale de 2002, dirigée par
Deyan Sudjic, affichait sans complexe cette volonté. Cette
prétention fait à la fois la force et la faiblesse de l'événement :
elle place la barre très haut, quitte à maquiller le manque d'idées
neuves sous la rhétorique du jargon curatorial. Si l'on
considère une des périodes les plus fécondes de l'histoire de
l'architecture, de 1924 à 1934 par exemple, imagine-t-on vraiment
que s'il y avait eu une exposition tous les deux ans, chaque
édition aurait apporté une révolution par rapport à la
précédente ?