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À Boulogne-Billancourt, la ZAC Île Seguin-Rives de Seine est sortie de terre. À quoi ressemble aujourd'hui en France un « quartier de référence » ? Quelle réalité prennent ici les mots magiques – espaces publics, développement durable, innovation, mixité, contexte, mémoire… – sous le signe desquels il a été placé ? Faire une incursion sur zone, c'est découvrir en vraie grandeur un nouvel épisode du fabuleux destin du projet urbain.

Le sort des immenses terrains laissés par le départ de Renault sur la commune de Boulogne-Billancourt, en aval de Paris, ne cesse de faire l'actualité. L'île Seguin, l'ancien territoire usine amarré par ses ponts au milieu de la Seine, est depuis vingt ans le théâtre du feuilleton que l'on sait : les plans d'aménagement y ont échoué les uns après les autres, déclenchant au passage des polémiques qui sont loin d'être éteintes. Ce site arasé de 11 hectares, occupé par un jardin provisoire dessiné par Michel Desvignes, attend la mise en œuvre d'un énième projet de reconversion. Depuis l'été 2009, celui-ci est placé sous l'autorité de Jean Nouvel qui en a dévoilé en juin une première mouture. L'apparition de cinq tours d'une centaine de mètres de haut, destinées à créer un nouveau « skyline pour le Grand Paris » tout en finançant de nombreux équipements publics, la disparition du parc initialement promis au profit d'une immense serre complétée de verdure éparse, voilà qui promet de raviver les conflits politiques locaux et de relancer l'agitation médiatique. Des voix se sont élevées pour dénoncer la plausibilité d'un tel programme sur un site enclavé et encore mal desservi par les transports en commun. Depuis, pas de nouvelles.

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