Notre société n'a jamais tant parlé de qualité, ni distribué plus de labels s'en réclamant. Cet empressement apparaît presque suspect quand on constate, à tous niveaux, l'avènement du vite fait, de l'économique… Le dossier que d'A a consacré aux budgets de construction (n° 139, août/septembre 2004) a mis en évidence l'étroitesse des moyens dévolus à l'architecture quotidienne. Les architectes dénoncent parallèlement les difficultés qu'ils rencontrent pour obtenir une exécution correcte des ouvrages qu'ils ont projetés. La qualité du construit ferait-elle donc problème plus aujourd'hui qu'hier ? Qu'est-ce d'abord que la qualité dont on parle ? L'avocat pense sinistralité ; l'industriel, performances ; le maître d'ouvrage, pérennité et gestion ; l'entrepreneur, règles de l'art et assurances… L'architecte s'attache à l'expression de la matérialité du bâtiment, à la netteté et à la cohérence de sa mise en œuvre, aux finitions… C'est autour de ce dernier point de vue – le bien construit et ses entraves – que nous avons voulu enquêter. Devant l'ampleur du sujet, nous scindons cette enquête en deux, dans les éditions de mars et d'avril. Dans un premier volet, nous nous arrêtons aux mutations du marché de la construction et à ses conséquences sur la qualité des ouvrages. Le second volet se placera davantage du point de vue de l'organisation de la profession d'architecte et du chantier.
Par quels détours la figure de Jacques Derrida, disparu en octobre dernier, aura-t-elle marqué l'architecture contemporaine ? Comment ce penseur, dont la longue entreprise a essentiellement porté sur le texte, a-t-il pu être invoqué pour justifier, ou cautionner, une de ses tendances ? Quel rapport entre l'idée de déconstruction, à laquelle il a été assimilé, et le « déconstructivisme », sur lequel continuent de s'appuyer nombre de commentateurs ? Par quelle illusion ces deux mots semblent-ils converger en d'improbables rencontres ?
La ville de Jean-Louis Borloo s'affiche sous un jour quantitatif, celui des quatre fois 200 000 logements à démolir, reconstruire, réhabiliter et résidentialiser en cinq ans dans le cadre du Programme national de rénovation urbaine. Mais quel en est le visage urbain et humain ? Comment démolir à bon escient et (re)bâtir l'image de ces quartiers sans réactualiser notre culture de la transformation et sans réinterpréter l'héritage moderniste ? C'est ce débat que nous avons voulu ouvrir à l'heure du IVe Forum des Projets urbains en donnant la parole aux architectes, urbanistes et paysagistes, et en laissant s'exprimer une diversité de regards ou de points de vue.
Que ce soit à Pantin, à Grenoble, à Troyes ou à Arcueil-Gentilly, les marchés d'étude de définition ont été pour l'AUC, agence créée en 1996, l'occasion de se forger une vision à la fois critique et prospective. Associé à Caroline Poulin et François Decoster, Djamel Klouche, qui enseigne le projet à Versailles, en est ici, sur les terres d'émile Aillaud, la voix.
Christophe Laforge, associé à Arnaud Yver et à Pascale Hannetel au sein de l'agence HYL,enseigne le paysage à Marne-la-Vallée et le renouvellement urbain à Rome. Chargé de la restructuration des espaces extérieurs de La Caravelle de Dubuisson, il s'interroge sur le rôle fondateur et les raisons d'exister de l'espace non bâti.