d'architectures
Le magazine de la création architecturale
La crise repose la question : faut-il construire pour être architecte ? Si la France n’a pas fait partie des pays les plus violemment touchés jusqu’ici, d’autres parties du monde ont vu le moteur de leur économie s’arrêter net depuis presque deux ans. C’est notamment le cas des ex-pays de l’Est, en particulier des Balkans, dont la transition politique était étroitement liée à une véritable frénésie constructive. Des processus essentiellement mafieux dont les architectes étaient pratiquement exclus. La revanche des architectes a-t-elle sonné ? À moins qu’ils n’aient fini par se persuader que la profession a définitivement mieux à faire que construire. Rencontre avec le duo d’architectes du Stealth Ultd (Rotterdam/Belgrade), brillants curateurs de la récente Biennale de Tirana (septembre-octobre 2009).
Alors que les regards se tournent vers le projet d’extension d’Euroméditerranée (désormais labellisé « ÉcoCité »), les enjeux les plus stratégiques se concentrent dans le périmètre originel de l’opération d’intérêt national. L’établissement public d’aménagement joue une carte décisive sur le front de mer, où se bousculent les projets. Le rendez-vous fatidique de 2013, où Marseille sera capitale européenne de la culture, précipite cette actualité. Concilier le pari du renouvellement urbain et l’activité du port demeure toutefois l’un des principaux défis.
Entre monstration, démonstration et partage, l’espace privé du collectionneur oriente l’histoire de l’art et la muséographie. Quand Daniel Bosser, Jannick Thiroux, Marc et Josée Gensollen façonnent leur cadre de vie autour de l’art contemporain en appartement ou dans une ancienne filature, la sphère domestique nuance la tyrannie du white cube. Si la mise en espace illustre leur relation aux œuvres et au parcours des artistes, l’architecture donne le ton.