L’un des grands architectes de ce temps vient de disparaître. Son œuvre peut paraître difficile au premier abord. Il faisait partie des rares architectes qui, comme Louis Kahn, pensent que rechercher la beauté est une façon d’occulter la nature du problème. Fuir la séduction pour aller à l’essentiel, pour re-commencer l’architecture : « s’appuyer sur la terre, s’élever, clore vers le ciel », construire un ordre, se donner des règles sans lesquelles il n’y a pas d’œuvre, rechercher la plus extrême précision, aller au fond de son intuition et, au prix d’un immense labeur, conquérir la liberté. Livio Vacchini était un homme profondément libre et humain. Il était « un homme de notre temps, un Grec antique, un constructeur de pyramides ». Son architecture est d’une stupéfiante nouveauté : elle possède la force, la sérénité et la joie.