L’exposition du Centre Pompidou consacrée à Norman Foster en 2023 s’ouvrait par une galerie obscure et remplie d’images qui « brillaient comme dans un coffret à bijoux ». Plusieurs dizaines de photographies prises par l’architecte tout au long de sa carrière étaient exposées bord à bord sur de longues tables-vitrines rétroéclairées, sans légende, sans hiérarchie et sans classement. Ainsi posées en préambule de l’exposition, ces images se donnaient à voir comme autant d’indices et de références destinés à éclairer son œuvre architecturale.
C’est précisément ce rôle de référence qui fait l’intérêt de cette collection d’images, au-delà ou en plus de leur valeur visuelle. Et c’est bien ainsi qu’elles sont présentées par Norman Foster. Ces images, dont « le mélange est si éclectique qu’il défie toute catégorisation », sont la preuve de sa capacité à observer le monde et à prendre en compte ce qu’il voit pour nourrir sa pratique architecturale, directement ou indirectement : « Beaucoup de mes choix sont évidents, notamment mes voyages pour visiter les œuvres d’architectes légendaires du passé qui ont repoussé les limites de leur époque, comme Frank Lloyd Wright dans le Midwest ou Rudolph Schindler en Californie. D’autres bâtiments peuvent être anonymes ou inclus parce qu’ils ont créé un sentiment d’appartenance. Dans d’autres cas, mes clichés peuvent être un rappel mental pour l’avenir. »
Car ce corpus est constitué de biens d’autres choses que de références historiques et cet éclectisme fait toute sa richesse : aviation et autres moyens de transport, détails de mécaniques et machines, scènes et situations urbaines, étals de magasins, objets du quotidien, paysages, ambiances : « Nous sommes le produit d’influences susceptibles de nous inspirer (...)