Issuesse d’un travail mené
entre 2016 et 2018 dans plusieurs lieux de détention, les œuvres de
Maxence Rifflet rendent en particulier compte de ses interrogations sur ce que
la contrainte architecturale imprime sur les corps, les gestes et le quotidien
des détenus. Si l’on se souvient de Surveiller et Punir, du
philosophe Michel Foucault, ce qui s’y joue déborde les murs des prisons.
Les légendes des œuvres de Maxence Rifflet
portent deux mentions successives : la seconde indique le lieu et la date
de prise de vue, la première le titre de l’œuvre et la date de sa réalisation.
Les deux dates ne coïncident pas, l’écart se compte en années. C’est mesurer à
la fois la maturation dont résultent ce qu’il faut bien prendre pour des
tableaux, et leur nature.
Le premier temps est donc celui réalisé sur plusieurs années dans plusieurs centres de détention. Maxence Rifflet a bénéficié de programmes montés par les ministères de la Culture et de la Justice, afin d’ouvrir des ateliers destinés aux détenus sous la conduite d’artistes invités. Il s’agissait ainsi pour lui d’entamer un travail documentaire. Encore qu’il ne se soit pas fixé de rendre compte de la vie des détenus, comme d’autres l’ont déjà fait. Pour plusieurs raisons. Une première, suffisante, est qu’il a déjà été exploré. Une autre tient à la pudeur, comme à la réserve qui lui était imposée de préserver les personnes, leur anonymat, leur intégrité. Une autre encore tient à la nature même de l’opération photographique : à la fois cadrage, et donc enfermement de l’image dans des limites circonscrites, et mise en boîte, celle-ci apparaît comme une métaphore gênante de l’incarcération. (...) (...)