Copyright : ©Lionel Rault
Les produits mis en œuvre dans le béton de ciment et la terre coulée sont similaires. Ce qui les différencie, ce sont les proportions de ces matériaux de base et la provenance de certains d’entre eux, deux facteurs qui vont influencer leur empreinte écologique.

Pour faire un béton de ciment, il faut de la matière fine (sables), de la matière plus grossière (graviers) et un liant (ciment), avec de l’eau pour mélanger l’ensemble. On trouve également différents adjuvants en petites quantités : plastifiants, accélérateurs de prise, etc. Dans un béton standard, d’une densité d’environ 2 300 kg/m3, ces différents ingrédients sont généralement répartis en 45 % de sables, 30 % de granulats, 12 à 15 % de ciment et 10 % d’eau.

Dans une terre coulée, on travaille essentiellement sur la « matière en grains ». Si la formulation de la terre du site est adaptée, on pourra utiliser ses sables, ses graviers mais également ses particules fines, qui sont souvent argilo-calcaires. Pour agglomérer cet ensemble et le couler, il faut toujours de l’eau et généralement du ciment pour le lier. Dans une terre coulée d’une densité de 2 200 kg/m3, les proportions sont d’environ 10 % de particules fines, 36 % de sables, 40 % de graviers, 4 % de ciment et 10 % d’eau. 

Si les proportions de sables, de graviers et d’eau sont à peu près identiques, la part de ciment dans la terre coulée est divisée par trois, notamment grâce aux particules fines argileuses, qui jouent le rôle de liant. L’intérêt majeur est de réduire l’énergie grise : environ 500 kWh/m3 pour un béton de ciment et plus de 1 800 kWh/m3 quand il est armé ; 100 à 120 kWh/m3 pour la terre coulée, une valeur extrapolée à partir de la proportion de ciment, susceptible de varier en fonction du gisement et du lieu d’extraction.

Ces résultats sont à moduler en fonction de l’épaisseur de la paroi. Pour une résistance mécanique similaire, un voile de 2 m de longueur par 3 m de hauteur aura une épaisseur de 16 cm en béton de ciment, mais de 35 cm en terre coulée. Différence notable entre les deux matériaux : un voile en béton est toujours armé, alors que la terre coulée, qui ne travaille qu’en compression, ne l’est pas. Cela permet d’économiser les armatures métalliques, qui ont une énergie grise élevée. L’écobilan est particulièrement positif si la terre est tirée d’un gisement proche. C’est donc en adéquation avec la valorisation d’une ressource locale que cette nouvelle technique trouve sa légitimité.