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Comment réapprendre à voir dans un univers aveuglé par la surabondance d'images ? Assumant cette impossibilité, Sylvain Couzinet-Jacques photographie des sujets d'apparence banale mais au travers de processus sophistiqués de mise en scène qui nous aident à voir ce que l'on ne savait plus discerner.


Confrontés à la déliquescence du photoreportage, beaucoup de photographes quittent le gilet multipoches du journaliste pour endosser le costume de l'artiste, avec plus ou moins de succès. Âgé d'à peine 30 ans, Sylvain Couzinet-Jacques n'a pas vécu la crise de la presse magazine ou l'époque aujourd'hui mythifiée du photojournalisme. Son travail est pourtant une combinaison subtile du témoignage – revendiqué par le reportage – et des outils de l'art conceptuel. Un mélange fidèle à sa trajectoire. Diplômé de l'École nationale supérieure de photographie d'Arles, après un premier cursus aux Beaux-Arts de Marseille, Sylvain Couzinet-Jacques s'est formé à rebours : « Aux Beaux-Arts, je faisais surtout de la photographie, tandis qu'à Arles, où l'enseignement s'articulait autour de la littérature, je me suis d'abord intéressé à l'art. » Son goût pour la philosophie l'incite à interroger le sens de l'image dès ses premières séries, réalisées sur le continent nord-américain : « Pour un photographe, les États-Unis sont un énorme territoire d'images bien avant d'être un territoire concret.

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