Modernist Beirut, Matthieu Salvaing et Guillaume Excoffier, Éditions Norma

38 x 28 cm, 312 p., 200 illus., 95 euros.
À moins d’avoir de hauts rayonnages, le format de ce livre vous obligera sans doute à le laisser sur votre coffee table, mais cela n’en fait pas pour autant un ouvrage décoratif. Car c’est à une belle découverte que nous invitent Guillaume Excoffier et le photographe Matthieu Salvaing, celle d’un patrimoine moderne peu connu. Des années 1930 jusqu’aux années 1970, et surtout après l’indépendance de 1943, Beyrouth a été un formidable laboratoire de la modernité. S’il y a quelques noms connus – Niemeyer, Wogenscky, Gruen, Khoury –, l’ouvrage nous fait découvrir beaucoup d’autres architectes, libanais ou étrangers, qui ont su tirer parti du soleil et de la liberté qu’offrait alors le Liban. Du ministère aux villas, les 31 réalisations ne sont pas montrées exhaustivement comme dans la plupart des livres d’architecture. Il n’y a pas de plans ou même parfois de vues générales, Matthieu Salvaing privilégiant les vues rapprochées, n’hésitant pas à montrer les stigmates du temps ou de l’abandon pour certains bâtiments. Le grand format du livre se justifie parfaitement en ce qu’il permet de rendre sensible le temps qui a façonné ces architectures.