Alors que les pratiques récentes d’écoconstruction en terre crue connaissent un développement notoire, il est nécessaire de comprendre où, quand et comment, pourquoi et grâce à qui a commencé et fleuri cette remarquable alternative constructive. Voici enfin le livre savant et passionnant qui – grâce à ses stimulants essais interdisciplinaires et sa séduisante iconographie – répond à toutes ces questions et bien d’autres. C’est dans la mouvance du siècle des Lumières et de la Révolution française qu’un maçon lyonnais surdoué et visionnaire – François Cointeraux – se métamorphose dès 1789 en pionnier. Avec son invention du « nouveau pisé », il devient le premier architecte de l’histoire de l’humanité à théoriser et à expérimenter, à pratiquer et à promouvoir un authentique « art moderne de bâtir en terre crue » (cf. le dossier de 30 pages publié par d’a en juillet). Son influence s’avérera considérable, durable et universelle : tant France et en Europe qu’à travers le monde, des États-Unis à la Russie. Une lecture hautement réjouissante pour se désaltérer à l’une des sources historiques les plus stimulantes de la nouvelle architecture écologique.
Les Leçons de la terre : François Cointeraux (1740-1830), professeur d’architecture rurale, Laurent Baridon, Jean-Philippe Garric et Gilbert Richaud (sous la direction de), Institut national d’histoire de l’art et Éditions des Cendres, janvier 2016, 350 p. illustrées.