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  • (Zus)

    C’est une démarche conceptuelle qu’a construite Benoît Fougeirol pour approcher les Zus – acronyme de zones urbaines sensibles. Sensibles sans doute parce qu’elles démangent le corps social autant qu’elles rongent les territoires et les vies. Sur onze d’entre elles, Fougeirol déploie méthodiquement plusieurs modes de représentation, qu’il en soit l’auteur ou qu’il les revisite. Ce qui fait zone, c’est d’abord un pourtour, qui donne lieu à un poème toponymique composé du nom des voies qui la délimitent. Ce qui fait zone, c’est une tache dans la carte et la conscience, un périmètre et des traits au 1/25 000, de grandes barres vues du ciel, le cri muet des choses délaissées à hauteur de photographie. Un constat sans pathos, l’œil ouvert, plus éloquent et plus efficace que bien d’autres approches, qu’il critique en creux. L’ouvrage est la version brochée d’une édition de tête, coffret rassemblant les cahiers non reliés et susceptibles d’être exposés.
  • 17 logements sociaux en pierre massive, rue Oberkampf, Paris

    Maîtrise d’ouvrage : RIVP
    Maîtrise d’œuvre : Barrault-Pressacco architecte mandataire 
    BET structure et thermique : LM Ingénieur
    BET fluides : Atelux
    Acoustique :QCS Services
    Économie : ALP Ingénierie
    Entreprise générale : Tempere Construction
    Mise en œuvre pierre : Bonnel
    Transformation pierre : Ateliers Lithias
    Carrière : France-Pierre Poitou-Charentes/La Carrière de Brétignac
    Programme : 17 logements sociaux et un commerce
    Surface PLA : 1280 m2
    Coût : 3,1 millions d’euros HT
    Calendrier : concours octobre 2012, livraison 2017

  • Belle maison

    C’est l’histoire d’une « Belle maison » de famille qui se prend pour une maman et dans laquelle ses deux enfantsreviennent pour les vacances. Dans son premier album pour la jeunesse, l’auteure et architecte Anaïs Brunet donne vie aux objets inanimés et les fait parler.

    La narratrice (la maison) plonge le lecteur dans son univers et ses souvenirs, et invite à suivre la cavale de « ses chers petits ».Du salon d’hiver à la salle de bain en passant par la cuisine et le jardin, le lecteur découvre chaque pièce de cette vieille demeure en s’attardant sur les détails et objets qui la composent. Illustré par des dessins à la gouache aux couleurs vives, l’ouvrage contient de nombreuses références à la construction. La narratrice parle de ses « fondations », mais aussi de « solive », de « boutisse » ou de « panne », ce qui offre l’occasion aux adultes d’ouvrir la discussion avec les enfants sur l’architecture.

  • Bibliothèque Alexis-de-Tocqueville à Caen, OMA, Rem Koolhaas : lectures croisées

    Caen additionne sur la tête du canal de l’Orne des équipements spectaculaires et griffés. La toute nouvelle bibliothèque Alexis-de-Tocqueville est signée Rem Koolhaas/Office for Metropolitan Architecture. Elle prend place sur le port et doit son plan en croix aux visées sur les abbayes de Caen. Pour rendre compte de sa genèse, de sa conception, de sa place, Le point du jour s’est adressé à deux spécialistes, collaborateurs de ce magazine. Pour en montrer la construction, il a profité des photographies d’Antoine Cardi, qui en a suivi le chantier. Pour la donner à voir une fois livrée, le centre d’art et éditeur s’est adressé à deux artistes photographes familiers d’architecture, George Dupin et Gilles Raynaldy : chacun à sa façon la montre animée, vivante. Ce sont ces lectures croisées qui font l’originalité de l’ouvrage.

  • Centre éducatif fermé (CEF), Marseille

    Maîtrise d’ouvrage : ministère de la Justice, DIRPJJ Sud-Est

    Maîtrise d’œuvre : Atelier Combas (Sophie Delage, Pierre Le Quer et Mathieu Grenier), architectes mandataires ; Éric Grenier architecte associé ; Thomas André et Paul Mouton, collaborateurs

    BET : Artelia, fluides et VRD ; Calder, structure ; Edifys, économie et OPC ; Martel et Michel, paysagistes

    Mission : complète selon loi MOP + EXE + OPC

    Surfaces : 945 m2, SU ; 2 450 m2, surfaces extérieures

    Coût : 2 280 000 euros HT

    Calendrier : concours, octobre 2013 ; études, janvier 2014 ; PC, juillet 2015 ; travaux, 2015-2017 ; livraison, avril 2017

  • Collection architecture

    Attendu depuis longtemps, le catalogue (partiel) des collections d’architecture du Centre Pompidou est enfin paru.

    Au gré des achats et des donations, le musée révèle ses trésors, ses lacunes et ses surprises. Dans une volonté transdisciplinaire, elle permet de confronter régulièrement ses pièces aux autres oeuvres du musée. C’est aussi grâce à ce fonds que le musée consacre en permanence

    une salle entièrement vouée à l’architecture.
  • Desert of Pharan, Unofficial Histories behind the Mass Expansion of Mecca

    On estime que, depuis vingt ans, 95 % des monuments de La Mecque de plus de 1 000 ans ont été détruits. En 1998, sur ordre des muftis wahhabites, la tombe de Aminah bint Wahb (la mère de Mahomet), était rasée au bulldozer et arrosée d’essence. On ne sait si ces destructions – qui annonçaient celles de Daech –, sont davantage motivées par la pureté de la religion ou par la plus vulgaire spéculation immobilière qui, en plein désert arabique, a pris des proportions titanesques. Ahmed Mater, saoudien, est médecin et artiste photographe. Sans volonté de juger, il documente à travers ces photographies et des images tirées deses vidéos la violence des changements que subit la ville sainte depuis les cinq dernières années. Édité par Catherine David, le livre est aussi accompagné d’entretiens réalisés par Mater avec des acteurs locaux.
  • Études sur (ce qui s’appelait autrefois) la ville

    Ce livre, préfacé par Manuel Orazi, rassemble 13 textes de Rem Koolhaas que l’on ne pouvait jusqu’à maintenant trouver que de façon éparse dans diverses publications et uniquement en anglais. Les villes en sont les héroïnes : Singapour, Berlin, Atlanta, la Défense, Lille, Tokyo, New York, Rotterdam…un cycle qui s’achève pour l’architecte théoricien puisque c’est désormais sur la campagne qu’il se concentre avec une grande exposition – « Countryside » – qui se tiendra au Guggenheim de New York en 2019. Sa faculté à poser sur le monde un point de vue tout aussi inattendu qued’une stupéfiante acuité le place loin audessus de la mêlée des milliers de livres lénifiants traitant des questions urbaines.

    L’architecte (et ex-journaliste) décrypte les mécanismes qui régissent le chaos hors de contrôle du développement des villes contemporaines mais, un peu comme Houellebecq, sa force tient sans doute au fait qu’il aborde chaque question sans a priori moral et porte son regard vers des lieux ou des événements que l’on croit à tort anecdotiques.
  • Globes. Architecture et sciences explorent le monde

    Globes décrypte la façon dont les architectes, accompagnés des astronomes, géographes, mathématiciens ou écrivains ont participé à la découverte du globe terrestre et du cosmos ainsi qu’à sa représentation. Et comment, en retour, cette découverte majeure a hanté et hante toujours l’architecture. Le catalogue de l’exposition hivernale de la Cité de l’architecture mélange des projets architecturaux les plus sérieux, même s’il s’agit d’utopies, et d’autres plus farfelus. Avec plus de 500 illustrations, dessins, photos et documents, l’ouvrage, rédigé sous la direction de Yann Rocher, invite néophythes et professionnels à découvrir une autre histoire de nos civilisations dont le fil conducteur serait notre rapport au monde et au cosmos.
  • Habiter la planète, atlas mondial de l’architecture traditionnelle et vernaculaire

    Cet ambitieux et volumineux ouvrage révèle le vertigineux changement d’appréciation assumé en cinq générations à l’égard du patrimoine mondial des architectures vernaculaires. Dès les années 1920, les avant-gardes exprimaient à l’égard des témoignages de ces « cultures populaires traditionnelles » un fréquent mépris, les percevant comme « primitifs et arriérés » ; et donc antinomiques avec leurs ambitions modernistes de « machines à habiter » calibrées pour un « homme universel » aux besoins élémentaires prétendus partout identiques. Il a fallu attendre 1963 pour que – dans sa célèbre exposition « Architecture Without Architects » présentée au musée d’Art modernede New York (et en 1968 à Paris au musée des Arts décoratifs) – l’architecte autrichien Bernard Rudofsky ose dénoncer l’irresponsable futilité, mégalomanie et dangerosité de ce dogme mondialiste. Il est alors le premier à préconiser la quête alternative et pragmatique de sources d’inspiration humanistes au sein de l’immense répertoire mondial des habitats vernaculaires qu’il valorise.

  • Jean Prouvé, architecte des jours meilleurs

    Beau catalogue de l’exposition de douze pavillons de Jean Prouvé exposés cette année à la Fondation Luma à Arles. Les très belles illustrations confrontent les documents d’époque aux photographies prises aujourd’hui. Un court essai de Mark Wigley conclut ce livre qui permet à l’habitat d’urgence de figurer enfin sur les coffee tables.
  • Juger l’architecture

    Ce livre fait partie de la sélection de d'a.
  • La fabrique des images, l’architecture à l’ère postmoderne

    Ce livre fait partie de la sélection de d'a.
  • La maison d’Adam au paradis

    Ce livre fait partie de la sélection de d'a.
  • La séléction 2017 de la rédaction

    Comme chaque hiver, d'a publie les chroniques des livres parus dans l'année, soigneusement sélectionnés pour vous. D'autres chroniques sont également rédigées par les librairies Mollat, Imbernon, Volume et Archipel, toutes spécialisées en architecture.


  • Le Corbusier, Aircraft

    Connu uniquement des cercles corbuséens, ce livre est une belle surprise pour les autres. En 1935, l’éditeur londonien The Studio demande à Le Corbusier de compiler un livre d’images commentées sur l’aéronautique. « L’avion est le signe des temps nouveaux […]. L’avion dans le ciel porte nos cœurs au-dessus des circonstances ordinaires. »

    L’architecte ne pouvait que s’enthousiasmer pour ce sujet « à la pointe de la pyramide immense des progrès machinistes ». On sait avec quelle minutie il contrôlait la typographie et la mise en page de ses livres. Celui-ci est conçu afin que le lecteur puisse le lire comme s’il assistait à une conférence. On doit à Philippe Duboÿ la publication pour la première fois en France de cet ouvrage qui n’avait été édité qu’en langue anglaise. L’architecte et historien l’accompagne d’un appareil critique. Il a retrouvé les courriers que Le Corbusier échangeait avec son éditeur, confirmant si besoin était le sérieux et l’intérêt qu’il portait à ce projet.
  • Le Grand Paris

    Un roman d’une rare acuité sur les enjeux métropolitains par un auteur qui connaît suffisamment son sujet pour nous épargner les clichés habituels, et dont la distance littéraire permet une liberté de ton et de pensée que ne peuvent avoir les spécialistes de la ville.

    Lire l’entretien avec Aurélien Bellanger et la chronique de son roman dans le d’a d’avril (n° 252).
  • Le Louvre Abu Dhabi, un musée-miroir

    Comme peu de bâtiments auront pu l’être avant lui, le Louvre Abu Dhabi se place au centre d’enjeux culturels et géopolitiques majeurs. Son architecture en est le miroir, mais elle est parvenue à se hausser au-delà de ses déterminismes en répondant de manière éclatante aux attentes de ses commanditaires. Ce musée incarne plus que tout autre la mutation profonde des grandes institutions culturelles d’aujourd’hui. Il n’est plus seulement un lieu d’exposition, il est désormais une marque qui se vend avec le savoir-faire des équipes qui l’animent. L’accord intergouvernemental entre la France et Abu Dhabi stipule ainsi que le nom de Louvre pourra être utilisé pendant trente ans et six mois, que les expositions temporaires seront réalisées par la maison mère et que les musées français prêteront des œuvres pendant dix ans. 

  • Le Louvre Abu Dhabi, un musée-miroir - Abu Dhabi, ville nouvelle mondialisée

    Le projet architectural et muséal qui s’achève avec le Louvre Abu Dhabi s’inscrit dans un contexte particulier. Issu d’un accord intergouvernemental, il sera en effet le premier des musées de l’île de Saadiyat à voir le jour ; cette antécédence, tout comme l’ambition universaliste de sa collection, lui confère une dimension symbolique et, à certains égards, fondatrice dans l’histoire de la ville. En quarante ans, et avec une intensité croissante depuis 2004, la capitale des Émirats arabes unis, pays né en 1971, s’est dotée de la plupart des infrastructures d’une ville mondiale. Réparties sur un territoire au fort potentiel – une île et un lagon –, elles dessinent une organisation de l’espace longtemps mouvante, mais dont ressortent aujourd’hui quelques lignes de force.

  • Le Louvre Abu Dhabi, un musée-miroir - Connais-toi toi-même

    L’ouverture du Louvre Abu Dhabi permet de revenir sur une démarche qui sait s’appuyer sur chaque commande pour concevoir des projets toujours différents. Des constructions originales qui répondent à des contextes spécifiques, en renvoyant cependant à des principes récurrents.